[REVUE DE PRESSE] Air pollué par le glyphosate et un nuage radioactif, François Héritier, un astéroïde rare et une mutation génétique dans l’actu

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Nous n’y couperons pas, l’autorisation du glyphosate est reconduite pour cinq ans en Europe. Pendant ce temps, un nuage radioactif s’immisce au dessus de nos têtes, accompagné d’un astéroïde. Certains iront jusqu’à croire à une sonde ou un vaisseau. Enfin, un hommage à Françoise Héritier, et la découverte d’une mutation génétique dans une ethnie font l’actu du mois de novembre.

Tous les mois, retrouvez les principales infos scientifiques dans la revue de presse du Labo.

Le glyphosate reconduit pour cinq ans en Europe

Le glyphosate, c’est le produit chimique dont on parle le plus ces derniers temps. En effet, l’Union Européenne a statué le 27 novembre 2017 : elle autorise son utilisation pour les cinq années à venir, alors que la dangerosité de produits suscite de vives controverses.

En effet il existe bon nombres d’études sur le sujet, aussi bien des études épidémiologiques que des études sur l’animal. Mais les résultats semblent contradictoires, ou si ce n’est pas les résultats, ce sont leurs interprétations.

Lorsqu’une nouvelle étude sur ce produit est dévoilée, elle fait forcément parler d’elle. C’est d’ailleurs le cas en ce moment, avec une étude épidémiologique américaine de grande ampleur publiée dans le Journal of the National Cancer Institute (à priori non financée par des industriels). Elle démontre qu’il n’y aurait pas « de liens statistiquement signifiants » entre l’usage du glyphosate et la déclaration de cancers.

De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer et remettre en question l’indépendance des autorités européennes. Parmi elle, l’EFSA, The European Food Safety Authority, conclue dans un rapport à la non dangerosité du produit avec comme sources des parties entières de rapport de la société productrice Monsanto.

Retenons néanmoins un avis de l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail : elle juge préoccupant « les effets cocktails », c’est-à-dire l’effet cumulé du glyphosate et des autres composants contenu dans les produits finis.

Principe de précaution à la française

J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans

a tout de suite réagit Emmanuel Macron sur Twitter, en mentionnant le hashtag Make Our Planet Great Again. Le Monde note néanmoins que « si cette interdiction est techniquement possible, elle exposerait Paris à des poursuites judiciaires de la part des fabricants de pesticides. »

Sources : 

Un nuage radioactif que ne s’arrête pas à nos frontières

En France ainsi que dans d’autres pays de la communauté européenne, existent des instituts qui mesurent en permanence la présence de radioactivité dans l’environnement (atmosphère, sol, eau…). En France il s’agit de l’IRSN, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire.

En septembre, il a détecté des traces anormales de ruthénium 106 : un radionucléide d’origine artificielle, d’un produit de fission issu de l’industrie nucléaire. Néanmoins l’agence se veut rassurante : les quantités mesurées dans l’air n’ont pas de conséquences sur l’environnement et sur l’humain.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire, ASN, a déclaré que le ruthénium 106 n’étant pas détecté dans l’air en temps normal, sa présence ne peut être liée qu’à un rejet non maîtrisé. Il est possible qu’un accident non déclaré se soit produit dans une usine de retraitement ou de fabrication de sources radioactives.

L’IRSN, dès qu’il a détecté ce produit dans l’atmosphère, a publié un premier rapport. Grâce à leur logiciel de simulation, les scientifiques sont parvenus à donner une approximation du lieu d’où a pu être émis le ruthénium. Toutes ces données sont consultables sur le site de l’IRSN. Résultat : l’origine la plus probable de ce rejet serait le sud de l’Oural.

La Russie a, dans un premier temps, nié être à l’origine de ce rejet. Mais finalement, l’agence de météorologie russe Rosguidromet a confirmé le rejet de ruthénium. La société Rosatom, qui gère le nucléaire en Russie, n’a toujours pas fait de déclaration.

Sources :

Un « astéroïde » venu d’ailleurs

En octobre 2017, les astronomes ont fait une étrange observation : un astéroïde de forme allongée, comme une gigantesque baguette de pain. Cet astéroïde dix fois plus long que large viendrait d’ailleurs. Il a été baptisé Omuamua.

Découvert le 18 octobre 2017, par l’observatoire de Haleakala, sur l’île hawaïenne de Maui, avec le télescope Pan-Starrs, cet astéroïde ne vient pas de notre système solaire, mais les données sont insuffisantes pour déterminer son origine exacte. Le seul espoir pour obtenir de nouvelles informations serait de découvrir d’autres objets comme celui-ci.

La forme inédite de cet objet a d’ailleurs attisé les fantasmes de différents fans de science fiction. Le Seti, Search for Extra-Terrestrial Intelligencce, un institut scientifique qui recherche l’existence de vie extraterrestre, croit là en une sonde ou un vaisseau extraterrestre. Ils ont donc braqués de puissants télescopes dans sa direction afin de capter d’éventuels signaux.

Sources :

Hommage à Françoise Héritier, anthropologue féministe française

Françoise Héritier s’est éteinte le 15 Novembre 2017, le jour de son 84ème anniversaire. Deuxième femme à intégrer le Collège de France, elle était anthropologue et ethnologue, connue pour ses travaux sur la famille et la parenté.

Etudiante en histoire géographie, c’est à la suite d’un séminaire de Claude Lévi-Strauss que sa carrière a basculé. Ce fut, comme elle l’a dit, une révélation. Se tournant vers l’anthropologie sociale, elle a commencé sa carrière en Afrique, puis a continué en France, succédant à son mentor, Claude Levi-Staruss, au Collège de France. Cette investiture ne fut d’ailleurs pas du gout de certains membres masculins.

Au cours de sa carrière, François Héritier s’est intéressée aux systèmes de parenté ainsi qu’aux relations homme-femme. Féministe et engagée sur de nombreux fronts, comme le SIDA ou bien la contraception, elle a reçu en 2003 le Prix Irène-Joliot-Curie, qui promeut la place des femmes dans le milieu scientifique.

Quelques jours avant son décès, elle avait publié Au gré des jours aux éditions Odile Jacob et avait reçu le prix spécial du jury exclusivement féminin du Femina pour l’ensemble de son œuvre.

Sources :

Mutation génétique chez les Amish

Augmenter l’espérance de vie et ce dans de bonnes conditions de santé ne serait plus une utopie. Une étude, menée sur une communauté Amish aux Etats-Unis, vient sans doute appuyer les espoirs des scientifiques sur la recherche contre la sénescence, la dégénérescence des fonctions de l’organisme lié au vieillissement.

Cette étude a été menée sur 177 Amishes, de 18 à plus de 85 ans appartenant à la même communauté. Dans cet échantillon, 43 personnes, hommes et femmes, sont porteurs d’une mutation génétique, responsable de la diminution de la protéine PAI-1.

Il a été observé, qu’en moyenne, les porteurs de cette mutation vivent 10 ans de plus et sont en meilleure santé.

Une autre observation a été faite sur les télomères de leurs cellules immunitaires. Ces morceaux d’ADN sont situés à l’extrémité de chaque chromosome pour le protéger. Ils se réduisent à chaque division cellulaire, contribuant au vieillissement, et sont 10% plus longs que ceux des non porteurs de la mutation.

Le professeur Douglas Vaughan, qui a dirigé cette recherche publiée dans Science Advances, président de la faculté de médecine Feinberg de l’Université Northwestern à Chicago, a expliqué à l’AFP :

C’est la première mutation génétique humaine qui se révèle avoir un impact multiple sur les changements biologiques résultant du vieillissement.

Il sera sans doute possible, en diminuant la production de la protéine PAI-1, d’augmenter l’espérance de vie ainsi que de diminuer les risques liés à l’âge, tels que le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Une molécule expérimentale, la TM5614, qui neutralise la protéine, est d’ailleurs en cours d’étude au Japon.

Sources : 

► Pour en savoir plus sur l’ADN, rendez-vous mercredi 6 décembre à 19h sur Prun pour une émission consacrée à son histoire, son fonctionnement et les espoirs qu’il suscite.