[REVUE DE PRESSE] Troubles du comportement, fake news, parodies des prix Nobel, et poison dans l’actu

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Tout n’est qu’affaire de dégoût et de poison ce mois-ci ! Du dégoût des femmes pour la pilule au dégoût des fake news, en passant par les perturbateurs endocriniens et les grenouilles toxiques ! On décortique l’actu du mois de septembre au Labo.

Tous les mois, retrouvez les principales infos scientifiques dans la revue de presse du Labo.

Une journée pour faire passer la pilule

Le 26 septembre 2017 était une journée spéciale : la journée mondiale de la contraception. La presse s’est alors majoritairement intéressée au « désamour » et à la « désaffection » des françaises envers la fameuse pilule contraceptive, ce joli petit cachet « symbole » de la libération de la femme.

Mais si la pilule n’attire plus autant qu’avant, l’attention des femmes se porte vers d’autres méthodes comme le stérilet et l’implant.

Néanmoins, il est regrettable d’observer qu’en cette journée mondiale de la contraception, seule le sujet de la contraception féminine soit abordé. Heureusement l’Inserm a publié sur son site le 26 septembre, un article qui fait état des progrès concernant la recherche sur la pilule masculine. En effet, une équipe de chercheurs du centre de cancérologie de Marseille a fait une découverte fortuite mais prometteuse pour le développement d’un contraceptif masculin alors qu’elle travaillait sur des processus cellulaire impliqués dans les leucémies.

Et si le désamour des française pour la pilule contraceptive n’était que le point de départ vers l’utilisation de la pilule masculine ?

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Réécouter l’émission Contraception masculine : et si on partageait plus que du plaisir ? 

Perturbateurs endocriniens et troubles du comportement chez l’enfant : l’INSERM établit un lien

Les femmes enceintes présentant un fort taux de perturbateurs endocriniens dans leurs urines pendant la grossesse remarquent des troubles du comportement chez leur garçon entre 3 et 5 ans. C’est ce que révèle une étude de l’INSERM, commencée en 2003.

Lire l’article du Labo des savoirs >

Dénicher les “fakes” du net

La liberté d’expression sur le net n’excuse pas tout. Nous sommes confrontés à de nombreuses fausses informations. Des articles, annonces, communiqués… Tous ces « hoax » envahissent les réseaux sociaux, voire parfois la presse. Pour rendre encore plus vrai ces fausses informations, tous les coups sont permis et le net pullule d’articles munis de fausses images.

Le journal du CNRS publie un article sur les algorithmes qui permettent d’identifier ces fausses images. Encore récemment, suite à l’ouragan Irma qui s’est abattu sur les Antilles, de fausses images ont circulé.

A l’Irisa, Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires de Rennes, une équipe de chercheurs part à la traque des fausses images. Du photomontage au changement de légende d’une photo, le moteur de recherche de l’Irisa permet de détecter ces supercheries.

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Des Prix Nobel trop attendus ? Voici Les Ig Nobel :

Tout le monde sait ce qu’est un prix Nobel, mais connaissez vous les Ig Nobel ? Ces prix sont remis aux études et recherches scientifiques les plus loufoques et décalées, aux travaux « qui font rire puis réfléchir ».

Cette année 2017 est un très bon cru pour la France. Lors de cette 27ème édition qui portait sur le thème de l’incertitude, deux des dix prix remis ont été attribués à des chercheurs français… Cocorico !

Quels sont les propriétaires de chats qui ne se sont jamais demandé comment leur félin préféré pouvait arriver à se mettre dans des positions incroyables, à passer à travers de minuscules passages ou encore à rentrer dans de petites boites en carton ? Et bien un chercheur en rhéologie s’est attardé sur le sujet, avec une étude ayant pour titre « les chats peuvent-ils être à la fois solides et liquides ». Marc-Antoine Fardin a donc obtenu le prix de physique :

  • 1 : PHYSICS PRIZE [FRANCE, SINGAPORE, USA] — Marc-Antoine Fardin, for using fluid dynamics to probe the question « Can a Cat Be Both a Solid and a Liquid? »
    REFERENCE: « On the Rheology of Cats, » Marc-Antoine Fardin, Rheology Bulletin, vol. 83, 2, July 2014, pp. 16-17 and 30.

La France est bien connue pour ses « fromages qui puent ». Mais d’où vient l’aversion de certaines personnes pour le fromage ? Une équipe de chercheurs2 a mené des travaux à l’aide d’imagerie médicale, afin de déterminer les zones du cerveau impliquées. Elle a donc obtenue le prix de médecine.

  • 2 : MEDICINE PRIZE [FRANCE, UK] — Jean-Pierre Royet, David Meunier, Nicolas Torquet, Anne-Marie Mouly and Tao Jiang, for using advanced brain-scanning technology to measure the extent to which some people are disgusted by cheese.
    REFERENCE: « The Neural Bases of Disgust for Cheese: An fMRI Study, » Jean-Pierre Royet, David Meunier, Nicolas Torquet, Anne-Marie Mouly and Tao Jiang, Frontiers in Human Neuroscience, vol. 10, October 2016, article 511.

Félicitations donc à nos chercheurs !

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Question de bebête venimeuse : comment ne pas s’empoisonner soi-même ?

Être toxique pour les autres mais pas pour soi-même, comment cela s’explique ? Pour avoir un début de réponse regardons cette étude portant sur une fabuleuse grenouille : phyllobates terribilis, petite grenouille jaune qui vit en Colombie.

Ce qui la rend toxique ? Elle produit de la batrachotoxine qui provoque spasmes, convulsions et paralysies qui mènent à la mort. Alors comment ce petit batracien fait-il pour s’en protéger ? Une équipe de chercheurs américains a mené l’enquête. Grâce à une mutation génétique, la substitution de l’acide aminé asparagine par la thréonine mène à une résistance exceptionnelle à la toxine.

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Le Musée des Confluences expose jusqu’au 13 avril 2018 Venenum, un monde empoisonné. Plus d’informations sur cette exposition > 

Une revue de presse préparée par Ludivine Vendé.