Réfugié climatique, ce statut qui n’existe pas

19 octobre 2016

Bien qu’arrivés sur la table des débats politiques en Europe en 2009 avec le programme de Stockholm, les réfugiés climatiques ne disposent d’aucune protection juridique. D’ailleurs, on s’interroge encore sur le nom à donner à ces personnes qui fuient les aléas naturels de leur lieu de vie. « Déplacé » insiste sur la migration souvent régionale des populations. « Réfugié » lui suppose une aide internationale, avec par exemple l’instauration d’un droit d’asile. « Climatique » est utilisé pour des catastrophes ou des changements liés au… climat ! Mais les scientifiques et politiques utilisent aussi le terme « environnemental« . Avec cette appellation, ils englobent les modifications du territoire et de la nature causées par l’homme, dans le cas de barrages hydrauliques par exemple.

Dans tous les cas, ces mots sont vides de sens (juridique) car la communauté internationale n’a pas statué. « Cela prend du temps » concède Yves Pascouau, directeur à l’European Policy Centre et éditeur du site EuropeanMigrationLaw.eu.

En attendant, quelques pays ont pris les devants. En Europe, la Suède et la Finlande ont mis en place un système de protection. En Amérique Latine, le Brésil, par exemple, a accueilli 40 000 Haïtiens suite au séisme de 2010.

S’il est si compliqué de trouver un accord international, il serait peut-être temps de se demander si les frontières sont toujours d’actualité. Selon Yves Pascouau, « la nation peut être un frein » à la résolution de ces conflits migratoires. Un point de vue difficilement imaginable dans ce contexte de nationalisme ambiant.

En résumé, les vrais chanceux dans l’histoire, ce sont ces Hollandais, qui luttent depuis des siècles avec leur moulin contre la montée des eaux. Ils bénéficieront et des avantages de l’espace Schengen et de la générosité de la Finlande ou de la Suède !