Cop 22, la « conférence de l’action » ?

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La Cop 22 s’ouvre ce 7 novembre à Marrakech. Elle dure 11 jours et rassemble 15 000 participants venus de 195 pays. Les médias la surnomment la « conférence de l’action ». Elle débute quelques jours après la ratification des Accords de Paris, de la Cop 21.

« Contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C »

En clair, depuis l’année dernière, 85 parties ont accepté sur le principe une série d’objectifs. Parmi eux :

– réduire de 32% les émissions de gaz à effet de serre,

– porter à 52% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici à 2030.

Une base de travail pour cette nouvelle édition :

« C’est tout ce cadre qu’il va falloir bâtir et les COP prochaines seront très différentes de l’avant Paris car elles vont aborder des sujets techniques qui ont d’importantes résonances politiques », explique David Levai, chercheur senior en coopération internationale sur le climat à l’IDDRI.

A Marrakech, il s’agira donc de mettre en place les leviers pour atteindre ces objectifs.

« L’enjeu va être de doter les Etats les moins avancés de véritables systèmes de mesures des émissions et surtout de les aider à former chercheurs, ingénieurs et techniciens qui vont faire ce travail », note Thierry Lebel, chercheur à l’IRD.

Autour de la table des négociations, les diplomates vont s’entendre sur ces points :

– Les Etats doivent développer des politiques éco-responsables pour respecter ces objectifs. Le cadre va ici avoir de l’importance. Comment comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre, et éviter qu’un pays, comme la Chine l’a fait, ne falsifie ses chiffres ? Quelles informations inclure dans ces contributions et avec quel niveau de détail ? Comment rendre compte des politiques publiques mises en œuvre ? Selon la négociatrice française Laurence Tubiana, il s’agit de « l’enjeu le plus important de Marrakech ». Les efforts devront être réalisés sur l’habitat économe en énergie, les infrastructures de transports publics, le traitement des déchets et économie circulaire, les énergies renouvelables, l’urbanisme.

– Pour ce faire, 100 milliards de dollars vont être attribués tous les ans aux pays en voie de développement à partir de 2020. Les pays développés seront à l’origine de ce fonds d’aide. Il s’agit ici d’une des mesures phares de cette Cop, car le Maroc pourrait faire partie des bénéficiaires.

– La Cop mise aussi sur les transferts de compétences et de technologies. Elle entend mettre en place un partage de connaissances via la formation et l’éducation dans les secteurs de l’environnement mais aussi dans la législation avec pour but la création de cadres juridiques et politiques nationaux.


La COP22 est la 22e « Conference of the Parties ». Une initiative des Nations unies, ayant éclot au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Il aura fallu attendre deux ans pour que la première conférence voit le jour.

Dans ce cadre, 195 Etats se réunissent tous les ans pour des « négociations sur le climat ». Un rendez-vous qui reconnaît l’Homme comme étant à l’origine d’un changement climatique. Cette dizaine de jours par an donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène.