Vers le démantèlement nucléaire

La question du démantèlement nucléaire fait consensus. A terme, toutes les centrales devront être mises à l’arrêt passé la période d’exploitation. En France, celle-ci est de 40 ans pour la plupart des réacteurs.

Le parc nucléaire hexagonal fut construit dans les années 70 et 80, c’était il y a presque 40 ans. Une centrale seule sera mise à l’arrêt dans les prochaines années, celle de Fessenheim, mise en service en 1978. Que se passera-t-il pour les réacteurs de Gravelines, Dampierre, Tricastin ? Que signifie ce flou autour des nombreuses centrales qui arriveront elles aussi en fin de vie à l’horizon 2020 ?

Chaque centrale doit passer une visite décennale de l’Autorité sureté nucléaire. Tous les 10 ans, après ce contrôle technique, il est possible de prolonger la durée d’exploitation d’une centrale. Aujourd’hui, avec des remises à niveau, EDF envisage de faire fonctionner ses réacteurs jusqu’à 50 à 60 ans. Cela signifie-t-il une augmentation du risque d’accidents ?

Dans 40 ou 60 ans, les centrales seront démantelées. Les industriels français ont déjà démantelé des réacteurs de recherche mais n’ont toujours pas prouvé leur capacité à rendre un site propre suite à l’arrêt d’une centrale de puissance. En Bretagne, la centrale de Brennilis est en cours de démantèlement depuis 1985…

Combien de temps et d’argent va coûter le démantèlement du parc nucléaire français ? Comment seront gérés les déchets produits par le démantèlement des 19 centrales nucléaires françaises ?

La France, pays de 60 millions d’habitants, est le 2e producteur mondial d’électricité d’origine nucléaire… Le nucléaire ici, c’est 80% du bouquet énergétique. En 2040 si toutes les centrales ont fermé comment la France produira son électricité ?

Le gouvernement vient de s’engager à passer de 80 à 50% de nucléaire. Avec 550 TWh produit au total, en 2010, nucléaire et autres, assurer 50% de cette production implique de lancer de nouveaux chantiers. Une seule centrale est en cours de construction, c’est l’EPR de Flamanville. Le projet EPR de Penly, lui, est arrêté.

L’actuel parc nucléaire français a encore 20 à 30 ans d’activité devant lui. Entre la constitution d’un dossier, le chantier et la mise en service, la construction d’une centrale peut prendre une vingtaine d’années. En laissant vieillir ses centrales sans relancer de nouveaux chantiers, la France est-elle en train de sortir du nucléaire ?

Invités

demantelementOlivier Ravel, physicien au laboratoire Subatech, accompagne la mise en place d’un Master consacré au démantèlement nucléaire à l’Université de Nantes.

Nicolas Thiollière, physicien au laboratoire Subatech, encadre une thèse sur les scénarios de sortie du nucléaire.

Patrick Chardon, physicien au laboratoire Subatech, coordonne le réseau Becquerel, plateforme nationale d’analyse de la radioactivité.

Crédits

A la technique, Claire Sizorn. Une émission dirigée par Guillaume Mézières.

Illustration : Centrale de Brennilis
Crédit Image : Lionel Plais