J’aime ma boîte

Travailler avec l’entreprise Noel ce n’est pas toujours travailler à son service. Cette mission est en un bon exemple.
Markov et Sophia ont reçu un appel à l’aide de l’intersyndicale de Noel qui regroupe la CLOP (Confédération des Lutins Ouvriers Préparateurs), la FUEL (Fédération Unitaire des Empaqueteurs Lutins), le SNAC (Syndicat de Noel pour les Agents Contrôleurs) et les très groupusculaires militants du FLNC (Front Lutin pour un Noel Communiste). L’heure est grave.

La direction de la Noel a décidé de fermer le dernier atelier groenlandais de l’entreprise, un centre d’empaquetage qui emploie encore 100 lutins et que les instances dirigeantes du Conseil d’Orientation de Noel jugent inadapté au nouveau modèle économique de la compagnie.

L’intersyndicale se mobilise pour éviter ces licenciements annoncés dans des pourparlers difficiles avec la direction. La tension a monté au fil des évènements, de la première annonce du plan social à ce qui s’ensuivit en alternant suspense, espoir et déception, d’abord l’appel au débrayage, puis l’appel à la grève (et à l’insurrection des lutins de tous les pays par le FLNC), l’annonce d’une possible reprise de l’atelier par la Société des Œufs de Pâques, suivi d’un démenti et d’un nouvel appel à la grève puis d’un blocage total des négociations. Aujourd’hui, c’est l’ultimatum.

Au cours de la dernière concertation, alors que les syndicats s’apprêtaient à quitter la table, un représentant de la direction a proposé un marché aux 100 lutins impliqués dans ce drame social : il a numéroté leurs contrats de travail de 1à 100 et chaque contrat a été placé dans une boite, les lutins auront le droit, chacun leur tour, d’ouvrir 50 boites et si chaque lutins parvient à trouver son numéro, l’atelier restera en activité sans licenciements. En revanche, si un lutin, un seul, ouvre ses 50 boites sans retrouver son propre contrat numéroté, l’atelier fermera dans l’heure et les lutins auront beau chercher quelques indemnisation, ils n’en trouveront aucune.

Les lutins ont le droit d’établir une stratégie avant de commencer l’épreuve qui, semble-t-il, est tout à fait conforme au droit social groenlandais. Dès que le premier lutin aura ouvert une boite pour y trouver son numéro, ils ne pourront plus communiquer entre eux. C’est ici que Sophia et Markov sont contactés par l’intersyndicale.

Les lutins sont abattus et n’ont aucune idée de la stratégie à mettre en place pour maximiser leur chance de réussite (à part le FLNC qui propose de placer de faire exploser les boites ce qui, comparé au marché susmentionné, pourrait apparaître comme un geste rationnel).

L’intersyndicale a entendu parler de Théorèmes Services et connait les compétences de Sophia et Markov. Nos deux enquêteurs n’ont pas hésité à montrer la marche à suivre à ces 100 lutins.

Question : quelle stratégie donnera le meilleur taux de réussite ?

Résumé :

100 lutins reçoivent chacun un papier numéroté. Chaque papier est placé dans une boite. Tous les lutins doivent, l’un après l’autre, ouvrir jusqu’à 50 boites et retrouver leur numéro. Si tous les lutins retrouvent ce numéro, ils ont gagné. Mais si un lutin échoue, ils auront tous perdu. Les lutins ont le droit de se concerter avant le début de l’épreuve. Une fois celle-ci commencée, il leur sera impossible de communiquer.

Question : quelle est la meilleure stratégie pour réussir ?

Crédits

Texte : Guillaume Mézières
Illustration : Marie Jamon