Les escales de La Tram’ du temps

Chaque station fait l’objet d’une installation comprenant : des visuels représentant une époque géologique, sa faune et sa flore, un récit qui catapulte le voyageur et décrit ce qu’il voit et ce qu’il ressent.

La vie apparaît quelque part, entre l’énorme centrale de Cordemais et le bar du paradis, un petit troquet d’embarcadère du côté de Couëron. Elle foisonne de diversité mais reste modeste, bactérie de toute sorte, puis en arrivant dans la ville la vie pluricellulaire, visible, macroscopique, émerge.

Gare Maritime : explosion du Cambrien
C’est dans l’eau que la diversité des gros organismes, animaux et végétaux, explose. Elle prospère et change jusqu’à ce que le monde change.

« Les portes de La Tram’ du temps s’ouvrent. Me voici enfin arrivé à destination, quelque part à 2 000 km du pôle sud. Même à ces latitudes, il fait chaud et doux, et bien que je sois au niveau de la mer, j’ai du mal à respirer ! La relative rareté de l’oxygène dans l’air donne la sensation d’être en haute montagne. Devant moi, à perte de vue, s’étendent des paysages oubliés, érodés et colorés que personne n’a jamais dessinés ».

Chantier Naval : Extinction Ordovicien- Silurien
C’est dans l’ancien cœur industriel de la ville, où les bateaux ont disparu, que la crise de l’Ordovicien-Silurien voit disparaître une grande partie des espèces marines. Avec la glaciation, les mers s’assèchent comme la Loire le long du quai de la Fosse.

« L’imagination, vaisseau à voyager dans l’espace et le temps, m’a propulsé 442 millions d’années dans le passé, à la fin d’une époque portant le nom étrange d’Ordovicien. La Terre est méconnaissable. Je suis posé à l’équateur sur un agrégat de petits continents ceinturés d’une mer peu profonde. Sur les terres émergées, c’est le royaume de l’inerte, de l’inanimé. Seul le bruissement du vent me tient compagnie. »

Médiathèque : Carbonifère-Mississipien moyen
Quand la Loire s’éloigne, la vie sort de l’eau. Le Carbonifère produira les grandes forêts qui donneront, une fois fossilisées, le charbon, à l’origine de la révolution industrielle, et avec elle l’apparition de la classe ouvrière et des luttes dont a tant parlé Jacques Demy.

« L’eau stagnante du marécage luxuriant dissimule difficilement d’immenses quantités de végétation morte qui reposent au fond. Ici et dans les forêts tropicales environnantes, il n’est pas rare de croiser des libellules de presque 1 mètre d’envergure, des scorpions de 75 cm, ou encore des scolopendres à mille et une pattes de près de 3 mètres ! »

Commerce : Trias Moyen
Les stars de notre histoire commencent à faire surface : les premiers dinosaures. Il seront présent sur Terre sous bien des formes pendant 165 millions d’années.

« Les portes de La Tram’ du temps s’ouvrent sur un paysage paisible, à côté d’une petite rivière, quelque part dans une forêt de l’hémisphère sud. J’écoute le bruit du vent dans les branches, je sens à plein poumon l’odeur du sous bois. Les architectes du paysage, les arbres, ont pris racine sur la planète bleue. »

Bouffay : Jurassique Inférieur
Des reptiles marins géants sillonnent les océans et sur terre, et les dinosaures continuent à se diversifier.

« Je foule du pied une plage de sable blanc au Jurassique inférieur, quelque part au niveau de ce qui est aujourd’hui le Jura – département qui a donné son nom à cette ère géologique. On se croirait aux Maldives : le fond de l’air est humide, le climat tropical, pourtant je suis bien en Europe de l’ouest. Un petit archosaure d’un mètre au garrot passe sa tête entre deux tiges de lycopode. Il semble me fixer, concentré et impassible. Curieux ou hostile? »

Duchesse Anne : Crétacé Supérieur
Au château des Ducs de Bretagne, c’est l’heure des dragons, les grands carnivores géants et emplumés ! Diplodocus, T-rex, Tricératops… l’heure est au gigantisme. Les oiseaux sont aussi apparus dans le ciel, offrant au monde une de ses formes les plus gracieuse, les plus magique.

« Dans ce monde, les « petits » vivent dans l’ombre des géants. Le sol tremble. Le long cou d’un sauropode se dessine au loin. Je l’ai entendu avant de le voir. Il faut dire que lorsque l’on fait plus de vingt mètres de long et qu’on dépasse facilement les cents tonnes, la discrétion est un mot exclu de votre vocabulaire. »

Gare SNCF-nord : Holocène (De nos jours)
Le trajet commence et termine par une gare. Au milieu de l’arrêt, à 15 mètres de la fin deLa Tram’ du Temps, Lucy meurt quelque part en Afrique. À 10 cm de la fin (aujourd’hui), on raconte qu’un homme nommé Jésus est mort quelque part au Proche Orient. La biodiversité actuelle se montre au Jardin des Plantes. Les rails, les chemins possibles, les choix, se démultiplient après la gare. La gare, comme le monde, est en travaux. Le tramway file vers un futur encore à inventer, à fantasmer. Vers la station Manufacture, inarrêtable, il emporte avec lui les rescapés de La Tram’ du temps. C’est à la médiathèque de la Manufacture que le Futurocène est imaginé…

« Félicitations ! Pour arriver jusqu’ici, vous avez réussi une prouesse étonnante. Que d’aventures pour qu’un jour vous puissiez lire ces lignes. L’histoire de vos ancêtres est si riche en rebondissements qu’à côté d’elle, mêmes les scénarios hollywoodiens les plus rocambolesques font pâle figure. »