[REVUE DE PRESSE] De l’eau sur Encelade, des avancées sur le SIDA et Netflix dans l’actu

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Fini les longues soirées d’hiver sous le plaid à regarder (lagger) Netflix. Le printemps s’installe et il faut sortir le bout de son nez. Jusqu’à Saturne ? Et pourquoi pas se baigner dans l’océan glacé d’Encelade ? Pour ça, encore faut-il sortir couvert … On décortique l’actu scientifique du mois de mars au Labo.

Tous les mois, retrouvez les principales infos scientifiques dans la revue de presse du Labo.

les chercheurs nantais confirment l’existence d’un océan liquide sous la surface glacée d’Encelade

Au Labo, on vous parlait il y a peu de la mission Cassini-Huygens, une collaboration de la Nasa et de l’Esa, Agence spatiale européenne, à la conquête (scientifique) de Saturne. Parmi les découvertes de cette exploration menée depuis près de 20 ans, un « océan liquide sous la surface gelée d’Encelade ».

Encelade est une lune de Saturne. Mesurant 500 km de diamètre en moyenne, elle est dotée de cratères et de plaines indiquant son âge : au moins 100 millions d’années. Depuis 1981 et la mission Voyager, les chercheurs ont établi qu’elle était majoritairement composée de glace d’eau.

« Les dernières observations effectuées par le Radar/radiomètre de la sonde, et dont les résultats sont publiés dans Nature Astronomy, viennent de révéler des anomalies thermiques qui n’avaient pas encore été décelées jusqu’ici et suggèrent que les premiers mètres du sous-sol étaient anormalement chauds. Des observations qui tendent à confirmer qu’un « océan liquide pourrait donc être qu’à quelques kilomètres sous la surface gelée », c’est en tout cas ce qu’on peut lire sur le site de l’Université de Nantes, les chercheurs du Laboratoire de planétologie et géodynamique (LPG / Université de Nantes – CNRS) et du LESIA (Observatoire de Paris) étant à l’origine de cette découverte.

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► Réécouter l’émission Mission Cassini-Huygens : « The Grand Finale »

recherche sur le Sida : des avancées freinées

Syndrome d’Immuno-Déficience Acquise, le SIDA est apparu dans les années 1970 aux États-Unis et identifié pour la première fois en France au début des années 80. Il détruit des cellules du système immunitaire et peut causer la mort des suites d’une maladie « opportuniste » – c’est à dire peu agressive mais fatale chez les personnes affaiblies.

Si l’on vous en parle aujourd’hui, ce n’est pas à cause du Sid’action : le Dr Erwann Loret (CNRS, université Aix-Marseille) aurait découvert un moyen de soigner cette maladie, dont 18,2 millions de personnes sont porteuses dans le monde (données de ONUSIDA en juin 2016).

« Cachés dans des ‘cellules réservoirs’, le virus du Sida peut rester très longtemps en latence, indétectable, à l’abri de tous les traitements mais prêts à se multiplier de nouveau. (…) Les chercheurs de l’Institut de génétique humaine (CNRS/Université de Montpellier) ont tout d’abord travaillé in vitro sur un modèle d’infection développé dans leur laboratoire. Une comparaison entre cellules infectées et cellules saines les a conduits à remarquer une protéine particulière, codée par un gène parmi la centaine exprimée de manière spécifique par les cellules infectées. »

« À plus long terme, elle devrait déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer de l’organisme le virus latent. »

Une découverte qui fait avancer les espoirs d’un bond ! Cependant, le CNRS aurait fait savoir à ce chercheur du Centre qu’il devait arrêter ces recherches. « Il y a peut-être ici en jeu d’autres intérêts que ceux des malades ».

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Netflix & chill : Quand l’Université de Nantes collabore pour plus de fluidité

netflixMalgré les nombreux progrès en la matière, le chargement de vidéos sur les smartphones reste une tannée. Youtube en est l’exemple typique, difficile de lire une vidéo lorsque l’on capte seulement en 3G.

Une application se démarque de ce manque de fluidité : Netflix. Depuis ces débuts, la plateforme de streaming (légal) a cherché à développer des algorithmes pour rendre les films moins lourds. D’où la qualité pixelisée sur les premières minutes de la vidéo.

► Sur smartphone, regarder un film en HD est maintenant possible. Et l’innovation est nantaise. Patrick Le Callet, professeur en informatique, et plus particulièrement en traitement de l’image à Polytech Nantes, est à l’origine de cette prouesse. Il a notamment lié programmation et psychologie cognitive pour améliorer les zones particulièrement regardées de l’image.

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La morphologie du visage déterminée par le climat

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Le nez serait plus ou moins épais en fonction de la région où habitaient nos ancêtres. D’après des chercheurs du Center for Craniofacial and Dental Genetics de l’Université de Pittsburgh, aux États-Unis, le climat aurait influencé la formation des visages.

Des narines plus étroites seraient attribuées aux peuples des pays plus froids, et des narines plus larges, aux peuples des pays plus chauds. Pourquoi ? L’air froid et sec n’est pas bon pour le système respiratoire. Un nez plus fin permet de réchauffer l’air entrant.

Pour Arslan Zaidi, du département d’anthropologie de la Pennsylvania State University, « il n’y a pas de forme de nez universellement meilleure, la réalité c’est que nos ancêtres étaient adaptés à leur environnement ».

Au delà de la découverte anthropologique, cette étude pourrait faire avancer la recherche médicale notamment en pneumologie mais aussi en cancérologie.

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La place des études scientifiques dans les médias

En période électorale, il faut se méfier des informations prétendument scientifiques que peuvent asséner les candidats (comme le graphique de Marine Le Pen pendant le grand débat).

L’occasion est toute trouvée pour faire un retour sur ce qu’est, ou n’est pas, une étude scientifique.

Le protocole y est formel, et pour cause, il permet de déterminer si l’étude est bonne ou mauvaise. Car au delà de la traditionnelle introduction et du résumé, il y a ce passage (parfois barbant à lire, mais essentiel) sur la méthodologie. Une analyse sur un petit panel a moins de légitimité qu’une étude avec plus de patients tests par exemple. Sauf si celui-ci est plus représentatif. Il vaut mieux un échantillon plus faible mais qualitatif qu’un échantillon très large mais ne tenant pas compte des différentes variables.

Autre élément fondamental : le contexte. Les chercheurs reviennent souvent sur l’environnement géographique, social et historique dans lequel ils ont effectué leur recherche, pour mieux objectiver leurs résultats. La « littérature » disponible avant leurs travaux permet, elle, de légitimer leur réflexion.

Et bien sûr la source : certaines universités, voire certains pays, sont plus légitimes à traiter d’un sujet que d’autres, en fonction de leur renommée, mais aussi des habitudes culturelles dans lesquelles les chercheurs évoluent.

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► Réécouter l’émission du Labo sur « Le poids des sondages dans l’appareil politique »