[REVUE DE PRESSE] Voyage écolo dans la stratosphère, neuroscience et recherche dans l’actu

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Les fêtes sont passées, on se remet au boulot avec de bonnes résolutions. Comme les rennes, accordez vous une période de diet – vous, le climat ne vous l’impose pas. Puis tentez un peu d’explorer vos fonctions neuronales, qui sait un jour, la réalité virtuelle sera telle qu’on pourra encoder une information directement pour votre cerveau. Mais d’abord, l’humain doit explorer la stratosphère sans trace de son passage. On décortique l’actu scientifique du mois de décembre au Labo.

Tous les mois, retrouvez les principales infos scientifiques dans la revue de presse du Labo. 

Les rennes du père Noël au régime sec

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La période qui vient de s’écouler n’a pas du être facile pour les rennes du Père Noël. Alors qu’ils devaient parcourir la Terre pour gâter les enfants sages, ils ont peiné à tirer sur leurs guibolles. Et ce n’est pas parce que l’Homme au costume rouge les nourrit mal, mais à cause du changement climatique.

Selon une étude de la British Ecological Society (BES), les animaux mythiques auraient perdu en moyenne 12% de leur poids de forme, « passant de 55 kg pour ceux nés en 1994, a à peine plus de 48 kg pour ceux nés en 2010 ».

« Etant donné l’importance du poids corporel pour la reproduction et la survie, c’est potentiellement énorme » explique l’un des chercheurs. « Nos travaux précédents ont montré que, lorsque le poids moyen de la population adulte est inférieur à 50 kg en avril, la population diminue ».

En 2015, les terres d’Arctique ont subi une hausse de la température de 2,8 degrés. Ajoutés à celà, des pluies glaçantes qui les privent de nourriture, et les voilà à se battre pour un peu de lichens, un mélange de champignons hétérotrophes et d’algue verte.

Depuis 20 ans, la population a doublé, mais le manque de nourriture, et donc leur sous-alimentation, pourraient expliquer leur rapetissement. « Les rennes sont affamés, ils perdent leurs petits ou donnent naissance à des jeunes beaucoup plus légers ».

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Le Soleil comme carburant pour atteindre la stratosphère

solarstratosLe 7 décembre dernier, Raphaël Domjan a présenté l’avion de son projet Solar Stratos. Après avoir fait le tour du monde, en 2012, à bord du le bateau PlanetSolar, dont les moteurs électriques étaient alimentés par des cellules photovoltaïques, il prévoit maintenant de s’envoyer vers l’infini et l’au delà !

Dans la stratosphère en fait.

« Il sera aussi le premier avion solaire avec pilote à pénétrer la stratosphère »
peut-on lire sur le site internet.

Pour ça, lui et son équipe conçoivent un avion biplace de 8,50 m de long. L’envergure de l’engin atteindra les 24,8m – pour la comparaison, les plus grandes ailes de planeurs dépassent les 28m.

22m² de panneaux solaires recouvriront cette surface pour un rendement de 22 à 24 %. L’avion sera chargé de 80 kg de batteries lithium-ion pour un total de 20 kWh. Et si jamais ça ne suffit pas, le Solar Stratos pourrait se servir d’un propulseur d’appoint.

« En explorant l’espace lointain, nous souhaitons contribuer en priorité à la protection de notre atmosphère, cela passe par une meilleure compréhension de ce qui s’y passe. La Mission SolarStratos volera à une altitude très peu fréquentée, dans un milieu fragile, propulsée uniquement à l’énergie solaire, sans la moindre émission de polluant et nous donnera la possibilité de réaliser des mesures inédites, jamais effectuées jusqu’à ce jour. Dans le futur, l’exploration de la stratosphère nous permettra peut-être de prolonger et d’étendre l’humanité… qui sait… »

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H5N1 VS H5N8, quelle est cette grippe aviaire nouvelle génération ?

En ce mois de décembre, nous avons beaucoup entendu parler du retour de la grippe aviaire. Grossière erreur ! Il s’agit en fait d’une épizootie d’influenza aviaire. Rien à voir avec le virus H5N1 que l’on a connu dans les années 2000 et qui a affecté 650 personnes entre 2003 et fin 2015.

Il s’agit d’une épizootie et non d’une épidémie – la première ne concernant que les animaux, la deuxième s’attaquant aussi aux humains. Exception qui confirme la règle : un virus (H7N2) similaire s’est propagé du chat à l’Homme en fin d’année, à New York. Les autorités ont affirmé que le risque de transmission était extrêmement faible.

Le H5N8 a été découvert pour la première fois en France le 26 novembre 2016 dans le Pas-de-Calais sur des canards sauvages. Aucun foyer d’épizootie n’a encore été détecté dans la région des Pays de la Loire.

Le ministère de l’Agriculture a recensé 27 foyers d’influenza aviaire recensés en France le 16 décembre. La majorité se situe dans le Sud-Ouest.

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Jeux vidéos : le cerveau, cette nouvelle manette

L’intrigue est simple, faire avancer ou reculer un avatar pour qu’il parvienne au bout de l’un des 21 labyrinthes proposés. L’intérêt consiste au mode opératoire : plus besoin des mains, voire même de la motricité pour jouer, le cerveau se charge de tout.

« La première étape d’une prothèse sensorielle non invasive pour les aveugles, et une nouvelle approche de la réalité virtuelle » affirment les chercheurs.

« Nous sommes intéressés par les moyens d’encoder de l’information dans le cerveau » explique l’un des chercheurs de l’Université de Washington. « La plupart des efforts de l’ingénierie neurale a consisté à décoder l’information à partir du cerveau. Nous cherchons à savoir comment chiffrer l’information avant de l’envoyer au cerveau »

« Pour indiquer ces mouvements », explique le site Developpez.com, « des phosphènes perçus en tant qu’éclairs lumineux ont été générés à travers une stimulation magnétique transcraniale, une technique bien connue qui utilise un charbon magnétique placé sous le crâne pour stimuler indirectement une zone spécifique du cerveau ».

« Nous sommes en train de donner un sixième sens aux humains. »

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Sale temps pour la recherche ?

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Après les perturbateurs endocriniens, c’est au tour des recherches sur les OGM d’être pointées du doigt pour conflits d’intérêts. Une étude scientifique, menée par trois chercheurs de l’INRA et publiée dans la revue PLOS ONE met à mal les financements de certains articles.

Un corpus de plus de 670 publications a été passé au peigne fin sur un type précis d’OGM : les OGM Bt ou encore Bacillus thuringiensis. Ces études contiendraient 40% de conflits d’intérêt.

« Une étude présentant un conflit d’intérêt est une étude dont au moins un des auteurs déclare une affiliation dans un de ces groupes semenciers ou de biotech, ou qui est au moins partiellement financée par eux » définissait un des chercheurs.

Une deuxième définition est évoquée : un conflit d’intérêt serait alors « un ensemble de circonstances qui créent un risque que le jugement professionnel ou les actions concernant un intérêt principal soient indûment influencés par un intérêt secondaire ».

Et dans ces cas, « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières ».

Les OGM Bt sont utilisés pour les cultures de maïs, de coton et de soja. La plante devient alors toxique pour les insectes, et attaque la parois de leurs intestins. Mais pour l’Homme, elles seraient inoffensives.

En conclusion, l’INRA propose des solutions : « un système de soutien financier indirect de la recherche par l’industrie » permettrait une meilleure indépendance des chercheurs. Une agence indépendante serait alors chargée de gérer un pot commun, doté des contributions de producteurs d’OGM et d’autres parties prenantes (gouvernements, organisations non gouvernementales).

L’étude est néanmoins controversée, notamment pour la présentation de ses résultats et des conclusions qu’elle en tire.

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