Sale temps pour la recherche : conflits d’intérêt sur des études concernant les OGM

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Après les perturbateurs endocriniens, c’est au tour des recherches sur les OGM d’être pointées du doigt pour conflits d’intérêts. Une étude scientifique, menée par trois chercheurs de l’INRA et publiée dans la revue PLOS ONE met à mal les financements de certains articles.

Un corpus de plus de 670 publications a été passé au peigne fin sur un type précis d’OGM : les OGM Bt ou encore Bacillus thuringiensis.

Les OGM Bt sont utilisés pour les cultures de maïs, de coton et de soja. La plante devient alors toxique pour les insectes, et attaque la parois de leurs intestins. Mais pour l’Homme, elles seraient inoffensives.

Ces études contiendraient 40% de conflits d’intérêt.

« Une étude présentant un conflit d’intérêt est une étude dont au moins un des auteurs déclare une affiliation dans un de ces groupes semenciers ou de biotech, ou qui est au moins partiellement financée par eux » définissait un des chercheurs.

Une deuxième définition est évoquée : un conflit d’intérêt serait alors « un ensemble de circonstances qui créent un risque que le jugement professionnel ou les actions concernant un intérêt principal soient indûment influencés par un intérêt secondaire ».

Et dans ces cas, « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières ».

En conclusion, l’INRA propose des solutions : « un système de soutien financier indirect de la recherche par l’industrie » permettrait une meilleure indépendance des chercheurs. Une agence indépendante serait alors chargée de gérer un pot commun, doté des contributions de producteurs d’OGM et d’autres parties prenantes (gouvernements, organisations non gouvernementales).

L’étude est néanmoins controversée, notamment pour la manière dont elle présente ses résultats et les conclusions qu’elle en tire.