[Éclairage] Que savons-nous des médecines alternatives ? 1/6

Avez-vous déjà eu recours à des aiguilles pour détendre vos muscles ? Gobés de petites granules homéopathiques pour soulager une douleur ? Fait une séance d’hypnose pour arrêter de fumer ? Ou consulté un guérisseur pour soigner vos verrues récalcitrantes ? Si oui, alors vous faîtes partie des 40% de français·es qui se sont tourné·es au moins une fois dans leur vie vers les médecines alternatives.

Il en existe des centaines, certaines un peu loufoques comme la placentophagie (en vogue aux États-Unis), qui consiste à manger son placenta afin d’éviter la dépression post-partum… d’autres sont plus connues et appréciées des français comme l’acupuncture, l’homéopathie ou la chiropraxie. Toutes ces pratiques, qu’elles soient très usitées ou non, ont un point en commun : elles ne sont pas reconnues par la médecine conventionnelle. Mais qu’est-ce que veut dire « conventionnelle » ? Il faut savoir que ce terme n’a rien d’arbitraire. La médecine dite conventionnelle a été vérifiée par les faits. Une médecine devient conventionnelle lorsque son efficacité est prouvée scientifiquement.

Qui nous dit que ce n’est pas efficace ?
D’accord, mais qui nous dit que les médecines alternatives ne sont pas efficaces ? Nous connaissons toutes et tous des gens qui ont bénéficié d’une guérison quasi miraculeuse en allant voir un guérisseur. Qui après avoir vu un coupeur de feu ont senti leurs brûlures disparaître, qui n’ont plus mal au dos après une séance de chiropraxie ou pour qui la médecine traditionnelle chinoise est devenue une nécessité quotidienne pour se détendre… Ces pratiques sont légales, certaines sont même remboursées par la Sécurité sociale. C’est le cas de l’acupuncture et de l’homéopathie, considérées comme des pratiques médicales complémentaires qui peuvent être partiellement prises en charge. De même, le titre professionnel d’ostéopathe a été reconnu par la loi du 4 mars 2002 ainsi que celui de chiropracteur, à condition que le praticien possède un diplôme agréé par le ministère de la santé. Enfin, on le sait peut-être moins : il existe des milliers d’études scientifiques sur ces sujets. Rien qu’en 2015, l’acupuncture a fait l’objet de 23 000 publications mondiales, référencées dans la base biomédicale PubMed. Alors pourquoi ces médecines ne font-elles pas partie de la « convention » ?

Malgré les milliers de praticien·nes et de patient·es qui y adhèrent et malgré des milliers de publications, les résultats concernant leur efficacité restent incertains.
Or, tant que les faits ne sont pas clairement établis, une médecine ne peut pas être qualifiée de conventionnelle. La « tribune des 124 » illustre ces controverses au sein de la communauté scientifique. Publiée en mars 2018 par 124 médecins, elle dénonce certaines médecines alternatives jugées ésotériques. Les signataires accusent par exemple l’homéopathie d’être inefficace et réclament son déremboursement.

Face à cette ambiguïté, quel crédit octroyer à ces médecines ? Faut-il s’en méfier ou sont-elles la panacée de la médecine moderne? Comment savoir ce qui fonctionne vraiment ou pas ? Tentons ici d’y répondre une bonne fois pour toute, de la manière la plus rigoureuse possible, et ce pour cinq catégories de médecines non-conventionnelles populaires en France : l’acupuncture, l’hypnose, l’homéopathie, la phytothérapie et la chiropraxie. La vérité, c’est qu’il n’existe pas de médecine “alternative”, “complémentaire”, “intégrative” ou encore “holistique”. Il n’y a que des médecines qui fonctionnent et des médecines qui ne fonctionnent pas. Et ce n’est pas en se rendant sur des forums sur Internet, en lisant des magazines ou en parlant à des amis que vous allez savoir lesquelles. Pour donner un verdict, il faut comprendre comment l’efficacité d’un traitement est aujourd’hui évaluée en médecine…

A suivre >> 2/6 Le premier essai clinique

Crédits et Musiques

Un article de Morgane Guillet