[REVUE DE PRESSE] Nouvelle branche de l’humanité, genre & contraception, super éruptions volcaniques dans l’actu

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Revue de presse de décembre 2017

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Il faut chérir nos océans. D’autant plus que des chercheurs français viennent de prouver le rôle primordial que pouvaient jouer des micro-algues dans la régulation du climat. Mais cela ne suffira peut-être pas… La menace terrienne pourrait venir de ses propres sous-sols. Les super éruptions volcaniques sont plus fréquentes qu’on ne le croit, selon une équipe de l’université d’Oxford. Evolution du cerveau à travers les âges et une nouvelle branche de l’humanité, retour sur l’actu du mois de décembre 2017.

Tous les mois, retrouvez les principales infos scientifiques dans la revue de presse du Labo.

Une nouvelle branche de l’humanité découverte en Alaska

C’est probablement l’une des première à avoir foulé le sol des États-Unis !

Les restes du nourrisson ont été découverts en 2013 sur le site archéologique d’Upward Sun River en Alaska. Baptisée « Xach’itee’aanenh t’eede gaay », ou « petite fille du lever du soleil » par la communauté indigène de l’endroit, elle a été enterrée il y a 11 500 ans à l’âge de six semaines avec un nouveau-né de sexe féminin également, encore plus jeune.

Si sur cette dernière, les échantillons d’ADN étaient insuffisants pour procéder à un séquençage, la plus « âgée » a en revanche beaucoup à dire ! L’opération, menée par des chercheurs des Universités de Copenhague, de Cambridge et d’Alaska a notamment permis d’affiner le scénario de l’arrivée des premiers humains sur le continent américain, selon une étude publiée mercredi 3 janvier dans la revue Nature.

Une grande partie de la communauté scientifique s’accorde à penser que les premiers humains à fouler le sol du continent américain appartenaient à des groupes venus d’Asie à la fin de la dernière période glaciaire (Pléistocène supérieur). A cette époque en effet, le niveau des océans avait baissé et un pont terrestre correspondant à l’actuel détroit de Béring permettait de passer de la Sibérie à l’Alaska.

Surprise ! Son patrimoine génétique ne correspond pas aux deux branches connues des premiers Amérindiens (dits du « Nord » et du « Sud »). Les scientifiques ont découvert que la « petite fille du lever du soleil » appartenait à un groupe jusqu’alors inconnu, qu’ils ont baptisé « Anciens Béringiens ». Il s’agit donc ici de

la première preuve génétique directe que les ancêtres des Amérindiens proviennent tous d’une même population arrivée lors d’un événement migratoire unique » pendant l’âge glaciaire.

Pour la première fois, les scientifiques peuvent dater l’arrivée des premiers « migrant » américains : « cette vague migratoire pourrait donc avoir eu lieu il y a plus de 20.000 ans », souligne l’Université de Cambridge dans un communiqué.

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Les super éruptions volcaniques s’accélèrent : tous les 17 000 ans

Un super volcan peut avoir une activité dite normale, c’est à dire exploser et dégager un volume de matériau de l’ordre de 1km². Mais il peut aussi avoir une super éruption. Dans ce cas, il projette mille à trois mille fois plus de matière.

La dernière en date remonte à 26 500 ans. En Nouvelle Zélande, 1000 gigatonnes de débris de roches et de cendre avaient surgi de la terre. C’est 10 000 fois plus que le bombardement atomique Hiroshima en 1945.

Les principales conséquences résident dans l’après. Si la super éruption fait des victimes au moment présent, elle envahit surtout la haute atmosphère local de cendres au point d’en former un épais nuage de poussière et d’aérosols. Les rayons du soleil ne transpercent plus la stratosphère à l’échelle d’un hémisphère. Les températures chutent, jusqu’à 15 degrés. Un hiver volcanique de la sorte pourrait ainsi durer 15 ans.

« La fréquence des grands événements diminue avec leur ampleur » indiquent les chercheurs de l’université d’Oxford. Ils ont étudié le rapport amplitude-fréquence. Une éruption 1000 fois plus importante est donc 1000 fois plus rare, parce qu’il faut 1000 fois plus de magma. Ils en sont arrivés à la conclusion que :

les volcans représentent un risque plus grand pour la civilisation humaine que ce que l’on pensait auparavant ».

peut-on lire dans l’étude. « Nous avons réévalué cet intervalle que nous situons désormais entre 5.000 et 48.000 ans, la fréquence la plus probable étant de 17.000 ans » ont-ils déclaré à l’AFP, contre 45.000 à 714.000 ans selon les précédentes estimations réalisées en 2004.

Difficile d’anticiper ces cataclysmes. Peu de super-volcans sont encore en activité. C’est cependant le cas du Yellowstone, aux Etats-Unis, dont la dernière éruption remonte à quelques 630 000 ans.

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A la découverte des volcans, c’est le titre d’une prochaine émission du Labo des savoirs, diffusée le mercredi 17 janvier 2018 sur Prun à 19h.

Environnement : le COest plus stocké dans l’océan que ce que l’on pensait

Par photosynthèse, les micro-algues des eaux de surface transforment ce CO2 en carbone organique.

Les diatomées, comme les scientifiques les nomment, contribuent à réguler le climat. Ces micro-algues emprisonnent le CO2 de l’atmosphère et le transfèrent dans les profondeurs océaniques, en mourant et chutant elles mêmes. Le carbone y reste ainsi une centaine d’années, constituant « une pompe biologique de carbone ». Dans leur chute vers les tréfonds, les diatomées ayant au préalable synthétisé le carbone organique, le régénèrent « sous forme de gaz carbonique avant d’atteindre 1 000 mètres de profondeur. » Il est ainsi plus facilement dégradé.

Tout cela n’est pas nouveau. En revanche, les dernières études sous-estimaient ce phénomène. Des chercheurs du CNRS ont ré-évaluer ces connaissance en décembre une étude dans la revue Nature Geoscience :

Dans l’océan du futur, chaud et stratifié, les modèles prédisent un déclin global de ces micro-algues siliceuses, excepté dans l’océan Austral. Cependant, des adaptations de ces espèces au changement climatique et à l’acidification des océans pourraient contredire ces prédictions.

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Les structures du cerveau observées tout au long de la vie

Comment le cerveau évolue-t-il tout au long de l’existence ? Les études cérébrales étaient jusque là cantonnées à des périodes charnières : premières ou dernières années. Pour répondre à cette question, une équipe franco-espagnole a donc réalisé une étude d’une ampleur exceptionnelle, portant sur 3000 IRM de sujets âgés de quelques mois à 90 ans.

L’objectif était de proposer un cadre de référence de l’évolution cérébrale comparable aux courbes de croissance et de poids. L’étude dresse donc le tableau de l’évolution, âge par âge, de différentes structures cérébrales telles que l’hippocampe, l’hypothalamus ou le noyau acumbens. Elle confirme la diminution rapide de matière grise (neurones) entre neuf mois et dix ans. Durant cette période, en effet, c’est surtout la matière blanche qui se développe, c’est-à-dire les connexions entre les neurones, fruits de l’apprentissage. En revanche, après 60 ans, les matières grise et blanche s’atrophient au profit du liquide cérébro-spinal (anciennement liquide céphalo-rachidien) qui absorbe et amortit les mouvements ou les chocs qui risqueraient d’endommager le cerveau. C’est le liquide dans lequel sont évacuées les molécules et les « déchets » provenant du cerveau et joue également un rôle de protection immunologique.

L’étude montre enfin que cette évolution du cerveau est la même chez les hommes et les femmes, une fois les différences de taille et de volume prises en compte. Seule exception pour l’instant, car cela risque d’évoluer : après 80 ans, l’atrophie cérébrale est plus marquée chez les hommes.

Ces résultats apportés, même si balbutiants, pourraient aussi contribuer à des diagnostics précoces de maladies neurodégénératives. La prochaine étude de cette équipe sera d’ailleurs consacrée à l’identification des signes précurseurs de la maladie d’Alzheimer.

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Genre et contraception, un colloque à Paris pour une prise en charge masculine

Le dernier, en France, remonte 1998. 19 ans que les chercheurs ne s’étaient pas réunis pour débattre et mettre en commun leurs résultats. Les 18 et 19 décembre 2017, sociologues, démographes, géographes, acteurs du milieu associatif s’interrogeaient : qui prend la décision de maîtriser le contrôle des naissances au sein du couple, de la société, ou dans le pays ? Force est de constater que même la recherche dans ces domaines ne concernent que les femmes. Les propositions en matière de contraception masculine balbutient… depuis près de 40 ans. A travers le monde, la pilule n’est pas forcément le moyen de contraception le plus usité. Certain.e.s lui préfèrent encore le préservatif ou bien même… l’avortement. Les politiques nationales influent grandement sur ces décisions pourtant intimes, au sein du couple. Par temps de guerre, mieux vaut limiter l’accès à cette planification familiale. En revanche, en Chine ou en Inde, les prises de position – pas si lointaines – sont très strictes, et liberticides.

A lire bientôt sur le labodessavoirs.fr

Eurêkafé, un espace innovant et informel dédié aux sciences à Toulouse

Sous forme d’atelier, 180m² vont être investis à Toulouse pour l’expérience amateurs des sciences. Deux chercheurs tentent de monter Eurêkafé.

Vous aimeriez parler de voiture autonome et d’objets connectés pendant que vos enfants s’émerveillent sur la construction de fusées à eau ? »

Le modèle financier s’inspire des anticafés ou espaces de coworking : les consommations y sont illimitées, c’est au temps passé que l’on paie. Et pour les curieux, l’addition risque d’être salée ! Samuel et Arnold, « deux jeunes passionnés des sciences » comme ils se définissent sur leur campagne de crowdfunding « cumulent à eux deux 3 brevets, 1 doctorat, 2 maîtrises en science et 2 diplômes d’ingénieur ».

Au programme, conférences-canapé, spectacles arts & science, rencontres avec des personnalités, quizz, ateliers, expériences… Pour les aider à financer leur projet >

(pour les Nantais, vous pouvez toujours vous rabattre sur le café des sciences, une fois par mois dans un des bars de la ville, en présence de chercheurs).

Une revue de presse d’Agathe Petit et Cathy Dogon