[REVUE DE PRESSE] Dans l’actu : Insight sur Mars, le cerveau des primates à l’étude et des bébés génétiquement modifiés…

Naissances des premiers bébés génétiquement modifiés
Le lundi 26 novembre, une équipe chinoise basée à Shenzen et dirigée par le Dr He Jiankui a annoncé la naissance de Lulu et Nana, les deux premiers bébés génétiquement modifiés à l’aide de la technologie CRISPR. Des travaux inédits, qui bousculent autant qu’ils choquent une bonne partie de la communauté scientifique internationale.

En 2017 déjà, l’équipe du Dr Mitalipov  avait annoncé avoir modifié avec succès des embryons humains pour corriger une mutation du gène MYBPC3 responsable de maladies du muscle cardiaque. Mais, en accord avec la limite de 14 jours imposée à la recherche sur l’embryon humain, aucun embryon n’avait été autorisé à se développer plus que quelques jours et tous ont ensuite été détruits.

Le Dr He Jiankui est allé beaucoup plus loin. Le choix s’est porté sur le gène CCR5, non pas pour corriger une mutation, mais pour créer un variant naturel appelé CCR5 Δ32, ce qui empêche le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) d’entrer dans les lymphocytes CD4 et donc de les infecter. C’est cette modification que les chercheurs ont mimée dans le génome des embryons pour les protéger d’une éventuelle infection par le VIH (les pères des huit couples impliqués dans l’étude sont tous séropositifs).

Au total, 31 embryons ont été obtenus par fécondation in vitro. Deux d’entre aux portant la version inopérante du gène CCR5 ont été réimplantés. Lors du sommet international sur l’édition du génome humain, le Dr He Jiankui a même évoqué l’existence d’une autre grossesse en cours et donc d’un 3e bébé…

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Pourquoi rient les bébés ?
Restons dans la pouponnière 🙂 Peu de choses peuvent ravir un adulte plus facilement que le rire sans complexes d’un bébé. Pourtant, une étude tend à démontrer que le rire de bébé diffère du rire adulte : les bébés rient car ils·elles exhalent et inhalent, d’une façon remarquablement semblable aux primates non-humains.

Avec ses collègues – le psychologue Mariska Kret et l’étudiant de troisième cycle Dianne Venneker d’Université Leiden dans les Pays-Bas et Bronwen Evans, un phonéticien à l’University College Londres – Disa Sauter a étudié les rires de 44 enfants en bas âge et entre 3 et 18 mois.

Pour les plus petits, comme chez les chimpanzés, le rire apparaît comme le résultat de jeu physique comme le chatouillement. Chez les individus plus vieux, le rire peut résulter du jeu physique, mais aussi des interactions sociales.

Des IRM de macaques pour mieux comprendre notre cerveau
En parlant de primates ! Un consortium international réunissant 22 équipes, dont six françaises, a crée une base de données ouverte baptisée « Primate data exchange » (PRIME-DE), visant à mutualiser les images IRM de cerveaux de primates non-humains.

Objectif : réaliser une cartographie bien établie du cerveau des macaques, qui est un bon modèle pour comprendre le cerveau humain. Or, les laboratoires qui font de l’imagerie cérébrale de singes macaques ne sont pas très nombreux et les chercheur·euses travaillent souvent sur des petites cohortes. En les mutualisant, on augmente de fait la valeur statistique des résultats sans avoir à multiplier les expériences IRM. Autrement-dit, on réduit le nombre d’animaux nécessaires à ce type de recherche.

L’imagerie chez le primate non-humain, et notamment le singe macaque, recoupe plusieurs intérêts. Ces derniers sont liés aux développements techniques avec la possibilité d’utiliser des champs magnétiques plus importants, jusqu’à 11 teslas, contre 3 teslas chez l’homme. Par ailleurs, on peut utiliser des agents chimiques de contraste qui permettent d’améliorer le ratio « signal sur bruit ». Tout cela donne des images plus précises, dotées d’une meilleure résolution. L’imagerie chez le singe macaque peut également être couplée avec d’autres techniques de mesures intracérébrales…

Réécouter : Comprendre la sensibilité animale

Insight sur Mars !
Quittons la Terre et levons les yeux vers le ciel ! C’est fait ! Insight est sur Mars pour y commencer une mission de deux années terrestres. Après une descente vers le sol de Mars avec bouclier thermique, parachute et rétrofusées, la sonde s’est posée le 26 novembre au soir dans la plaine martienne d’Elysium. Elle a même déjà transmis les premières images de son environnement (voir cliché plus haut).

Cette mission est une première : il s’agit d’ausculter le sous-sol de Mars pour étudier la structure interne de la planète et ce, grâce à deux instruments, le sismomètre SEIS dont la construction a été supervisée par le Centre national d’études spatiales (Cnes) et un capteur de flux de chaleur nommé HP3 développé par l’Agence spatiale allemande (DLR). On devrait ainsi savoir si ce noyau est solide ou liquide, et on devrait aussi, pour la première fois, mesurer l’activité sismique sur une autre planète. Début de la mission scientifique en janvier 2019 !

Réécouter : Insight sur Mars, entre sismologie et géologie

On a retrouvé les toilettes de Madame de Sévigné !
Un peu d’histoire, et de légèreté pour terminer cette Revue de presse. Femme de lettres française du XVIIe siècle, contemporaine de Louis XIII, Madame de Sévigné est née à Paris en 1626 et est morte à Grignan, le 17 avril 1696. C’est dans ce château que l’on vient de découvrir le « cabinet d’aisance » qu’elle utilisait quand elle séjournait dans la Drôme.

La restitution de cet espace intime est fondée sur les inventaires de 1672 et 1728, et devrait permettre de lui rendre une apparence proche de celle qu’a connue Madame de Sévigné.

C’est dans ce cadre que Guillaume Martin, de l’Institut national de recherches en archéologie préventive, a été appelé pour identifier une maçonnerie révélée par des travaux au deuxième étage de la tour sud de ce qui est aujourd’hui la propriété du Département. Située au fond d’un placard, elle se trouve à l’intérieur de la pièce où Madame de Sévigné écrivait. La structure a d’abord été identifiée comme un vestige d’escalier hélicoïdal. Mais les archéologues de l’Inrap y ont reconnu une évacuation en céramique : celle d’un « cabinet d’aisance »…