[REVUE DE PRESSE] Dans l’actu : à la recherche de nos origines, de la maîtrise du feu à la réplication de l’ARN

SPIRou a pu observer pour la première fois des lumières lointaines !

Ce n’est pas le célèbre reporter à l’écureuil qui est responsable de cette prouesse, mais un nouvel instrument installé sur le téléscope Canada-France-Hawaii. A l’inverse de TESS, satellite lancé il y a quelques semaines par la NASA, SPIRou n’enverra pas de belles images de l’espace : ce drôle de sigle signifie “SPectromètre InfraROUge”. Son superpouvoir consiste à analyser la lumière provenant d’étoiles, et plus particulièrement les variations de fréquence du signal qui, par effet Doppler, permettent de remonter à la présence d’exoplanètes gravitant autour de ces étoiles.

SPIRou aura aussi pour mission d’étudier la formation des étoiles, afin de permettre d’en savoir plus sur les mécanismes physiques qui régissent les systèmes étoiles-planètes durant les premiers millions d’années de leur existence.

De nouvelles missions vont être lancées maintenant que le bon fonctionnement de l’instrument a pu être confirmé. En attendant les résultats, Spirou vous explique les secrets derrière cette mission par ici. Pour les plus grands, le CNRS a publié un communiqué de presse plutôt complet sur ces premiers exploits.

Quand la science s’enflamme pour comprendre le début de notre civilisation

“On essaie de reconstituer l’absent”. Mais qui est ce “on” ? Il s’agit d’historiens qui cherchent à comprendre à partir de quel moment le feu est devenu central dans nos vies.
Ce feu, qui pourrait nous avoir fait passé de charognard à chasseur, qui nous aurait permis d’adapter notre alimentation et de développer de nouvelles pratiques sociales. Bref, qui aurait fait de nous des Hommes et des Femmes.

N’attendez plus, et allez (ré)écouter cette émission de la Méthode Scientifique dédiée à la domestication du feu. Nos fans en Ile de France pourront aussi découvrir l’exposition dédiée à la Cité des Sciences jusqu’à 6 janvier 2019.

Les nostalgiques des temps anciens peuvent aussi (ré)écouter notre émission au sujet des animaux disparus qui nous manquent terriblement.

Le trancitor, un nouveau composant électronique ?

Vous connaissez peut-être le transistor, élément omniprésent dans tous les circuits électroniques. Ce composant est une sorte d’interrupteur : en fonction de la valeur du paramètre de contrôle (un courant ou une tension), le courant de sortie va varier. Un équipe de recherche de l’Université de Pusan (en Corée du Sud) s’est posée la drôle de question : est-il possible de faire le composant inverse ? Comprenons, un composant dont la tension de sortie varierait en fonction de la commande d’entrée : le trancitor (pour transfert capacitor).

Pour saisir la portée de cette question qui peut paraitre très théorique, prenons le temps de remonter le temps avec le MIT Technology Review. C’est une question du même genre qui a amené un physicien dans les années 70 à formaliser le fonctionnement du memristor, composant qui n’a pu être fabriqué que près de 40 ans plus tard, le temps de trouver les matériaux permettant d’obtenir les bonnes propriétés. Grâce à ce composant mystérieux, les industriels et scientifiques prévoient de booster de façon incroyable nos systèmes de stockage de mémoire (disques durs, etc) voire créer des dispositifs avec un fonctionnement analogue au cerveau.

Le trancitor nous réserve-t-il des surprises comparables ? Selon les auteurs de cette étude : oui ! Ce composant pourrait permettre de simplifier certains circuits élémentaires utilisés dans les puces électroniques, de façon à réduire fortement la consommation d’énergie de ces dernières. Reste à trouver les bons matériaux pour y arriver ! Rendez-vous dans 40 ans ?

La vie copiée-collée ou comment le matériel génétique auraient pu se propager au tout début

Il y a quelques mois, nous vous parlions de la fabuleuse histoire de l’ADN. Il y a une autre molécule qui est indispensable au fonctionnement de nos cellules : l’acide ribonucléique, ou ARN. Là où l’ADN est composé de deux brins torsadés entre eux, souvent très long, l’ARN n’est composé que d’un brin beaucoup plus court. Cet ARN a de nombreuses fonctions : il est une sorte de fac similé à durée de vie limitée d’une séquence issue de notre ADN qui va permettre de réaliser des réactions chimiques dans nos cellules.

Afin d’envisager plus clairement l’apparition de la vie, les scientifiques torturent ADN et ARN afin de comprendre les conditions minimales nécessaire à la constitution de ces molécules.
C’est l’objectif d’une étude réalisée récemment par le Medical Research Council au Royaume-Uni. Les auteurs ont pu observer un phénomène jusque là inconnu : un ribozyme qui a pu s’auto-répliquer. Un ribozyme est un de ces brins d’ARN qui a pour fonction de permettre la synthèse de protéine. Si cette molécule se trouve dans un environnement où elle peut s’auto-répliquer, la survie d’un petit organisme vivant pourrait être assurée.

Les explications de Philipp Holliger données à Science Daily permettront d’en savoir plus sur les conditions de cette découverte très excitante.

Vous reprendrez bien un peu de bavette de capricorne ?

D’après les études de fossiles, les ancêtres des mammifères de la fin du Crétacé étaient insectivores, alors que ceux vivant au Cénozoïque avaient un régime alimentaire bien plus diversifié. Jusque là, rien de nouveau. Une question subsistait : pourquoi un tel changement de régime alimentaire ? L’hypothèse avancée est la suivante : les dinosaures en disparaissant à la fin du Crétacé ont laissé libres de nombreuses niches alimentaires, que les mammifères se sont empressés de combler.

Une étude publiée dans la revue Science propose d’étayer cette hypothèse par l’étude de la présence de gènes chitinase. Ces gènes permettent aux organismes qui les détiennent de pouvoir digérer la chitine, molécule composant l’exosquelette des insectes. Et figurez-vous que l’on retrouve encore la trace de ces gènes chez les Humains (et les autres mammifères étudiés par cette équipe), héritage laissé de ces lointains ancêtres.

Une raison de plus pour craquer sur des insectes à l’apéro ?

Vos données ont le droit de garder le silence

Impossible de passer à côté de cette actualité : une nouvelle réglementation sur la protection des données personnelles entre en vigueur en Union Européenne. L’occasion de faire un point juridico-geek avec The Conversation. Ou de (ré)écouter notre création sonore « Données : sous les cartes des géomaticiens ».