[REVUE DE PRESSE] Dans l’actu : le point sur la conservation de la biodiversité, de l’eau sur Jupiter, un paraplégique qui remarche…

Conservation de la biodiversité : au rapport !

Avez-vous déjà entendu parler de la 6ème extinction de masse ? Des populations animales en déclin, des espèces en danger, des milieux détruits… La biologie de la conservation en a fait les constats : les activités humaines ont un impact destructeur grandissant sur la biodiversité. Malgré les milliers de publications sur le sujet, elle reste menacée partout dans le monde. Certains chercheurs remettent alors en question la pertinence de la politique de conservation de la nature : Les solutions déjà mises en place ne permettraient pas de ralentir l’hécatombe et les études renverraient des messages trop pessimistes, au point de devenir contreproductives.

Qu’en est-il réellement ? Afin de répondre à cette question, deux chercheurs CNRS (nantais et montpelliérain) ont passé en revue les 12 971 articles publiés entre janvier 2000 et février 2015 dans les principales revues scientifiques consacrées à la biologie de la conservation. Au sein d’un article très complet publié dans Trends in Ecology and Evolution, ils brossent le tableau général des connaissances produites par cette discipline récente sur le statut, les menaces et les solutions à la crise environnementale.
Les résultats sont sans appel : Le déclin de la biodiversité s’accélère et nous en connaissons les principales raisons depuis longtemps. Une trop forte exploitation des ressources, la fragmentation de l’habitat des espèces et l’introduction d’espèces invasives par l’Homme. Les solutions actuelles ne sont pas suffisantes pour endiguer ce déclin.

Cette vision qui peut paraître pessimiste est néanmoins contrebalancée par des rapports sur le bon état de la biodiversité. En Europe par exemple, le retour progressif des grands carnivores (loup, ours brun, lynx et carcajou) met en évidence la réussite de la protection de grandes espèces. Deux ourses slovènes ont d’ailleurs fait leur entrée sur le territoire français ce mois-ci.

L’analyse des publications montre que de nombreuses propositions de solutions durables et compatibles avec les activités humaines existent. Selon les chercheurs, l’obstacle majeur à leur mise en place réside dans une prise de décision toujours plus favorable aux activités humaines plutôt qu’à la protection de la nature.
De l’eau sur Jupiter

Il y a de l’eau dans le gaz. Pour la première fois, l’équipe du Goddard Space Flight Center de la Nasa a identifié des traces d’eau sur la planète gazeuse Jupiter. Plus exactement dans sa Grande Tache rouge, une tempête géante deux fois plus grosse que la Terre. Ces résultats publiés dans The Astronomical Journal confirment la théorie ; la planète s’étant formée dans une région riche en particules glacées, elle devrait contenir beaucoup d’eau. Les observations de la sonde Juno – actuellement en orbite jovienne – doivent confirmer cette découverte.

La plus grande planète de notre système solaire est encore très mal connue. En étudiant la composition chimique de son atmosphère, et notamment son contenu en eau, les chercheurs peuvent reconstituer son histoire et affiner le scénario de formation du Système solaire, dans lequel elle a joué un rôle majeur du fait de sa masse importante.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le chouette dossier de Futura Science « Jupiter : de l’eau enfin trouvée dans son atmosphère »
#BalanceTonMot

Tout comme nous, les mots ont une vie. Ils naissent du langage parlé et parfois s’éteignent au fin fond d’un vieux dictionnaire pesant de toute évidence trop lourd pour être consulté. Des chercheurs américains en linguistique se sont intéressés à cette naissance invisible de nouveaux mots… sur Twitter ! En recherchant les termes très peu employés fin 2013 mais dont l’utilisation a bondi au cours de 2014, ils ont extrait une cinquantaine de mots émergeants sur le réseau social. Parmi eux, nous retrouvons le mot français « balayage » signifiant aux Etats Unis « coiffure », « bruhh » pour « bro » (brother) ou encore « fhritp » (je vous laisse le plaisir d’aller voir la signification). Ils ont ensuite cartographié leur origine et leur propagation dans le temps. Cinq régions principales d’innovation lexicale sur le Twitter américain ont ainsi été révélées (cf carte en illustration).

Cette méthode inédite de suivi de l’évolution des mots sur un réseau social fourni un cadre méthodologique pour des recherches futures en innovation linguistique. Peut-être qu’un jour, « chelou », « s’enjailler » ou « cougar » (entrés au cours des cinq dernières années dans le dictionnaire français) dévoileront leur origine grâce à Twitter
Faire remarcher un paraplégique, ça casse pas trois pattes à un canard

Totalement paralysé des jambes à la suite d’un accident de motoneige en 2013, Jered a pu marcher à nouveau grâce à une électrode placée dans sa colonne vertébrale. L’étude américaine publiée par Nature Medicine montre qu’au bout de deux semaines d’entraînement par stimulations électriques, le jeune paraplégique de 28 ans est parvenu à se lever et faire quelques pas en étant soutenu par un harnais. Au bout d’un an, il pouvait avancer avec l’aide seule d’un déambulateur (vidéo). En tout, il aura parcouru la distance d’un terrain de foot. Une première mondiale déterminante pour la recherche dans ce domaine.
PMA, recherche sur embryon, santé numérique : l’avis du Comité d’éthique

Le dernier rapport du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pour les sciences de la vie et de la santé a été publié le 18 septembre et traite de sujets aussi divers que la création d’embryons, la PMA, ou l’euthanasie. Il aidera à accompagner les débats qui s’ouvriront fin 2018 à l’issu du nouveau projet de loi proposé par le gouvernement sur la bioéthique.

Parmi les décisions les plus attendues, le CCNE a confirmé être en faveur de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes seules et couples de femmes. Retrouvez sur Sciences et Avenir la liste non exhaustive des points les plus importants sur lesquels le CCNE a donné son avis.