[REVUE DE PRESSE] Dans l’actu : xénogreffe, transition écologique en zone rurale et collapsologie…

Jaune, c’est la couleur de cette fin d’année 2018 et du début 2019 !
Existe-t-il des solutions à la dépendance de la voiture en zone rurale ? C’est la question posée à Aurélien Bigo, doctorant sur la transition énergétique dans les transports, à l’École Polytechnique. interrogation prégnante s’il en est, car, rappelle-t-il : « À force d’attendre, les problèmes de long terme deviennent urgents, et les enjeux environnementaux se transforment en crises économiques et sociales, comme l’illustre le mouvement des « gilets jaunes ». Premier constat : là où les transports en commun sont pertinents, ils doivent être développés en priorité, que ce soit pour les « petites » lignes ferroviaires ou les lignes d’autocars. Mais souvent, la densité des flux s’avère trop faible en zones rurales pour développer une telle offre. Le covoiturage apparaît dès lors particulièrement adapté. Si le covoiturage n’est pas toujours adapté, une attention particulière doit être portée au véhicule. Enfin, Outre la voiture, certains modes de transport alternatifs qui se développent en ville méritent aussi l’attention des zones rurales. « La transition écologique ne sera largement partagée que si elle se montre solidaire et démocratique, avec des décisions et des moyens plus locaux. »

Porc-babouin, une greffe qui dure !
Des humains vivront-il un jour avec des cœurs de porc ? On en n’est pas encore là ! Mais la survie de deux babouins durant plus de six mois, contre 57 jours auparavant est une importante avancée. Des chercheurs de l’université de Munich ont publié dans la revue Nature le 5 décembre 2018 une étude qui fait état de progrès importants. Pour arriver à ce résultat, il a fallu utiliser des cœurs de porc modifiés génétiquement, pour que l’organisme des babouins ne les rejette pas rapidement. Il a fallu également optimiser chaque étape de la transplantation pour éviter d’endommager les cœurs, possible grâce à une nouvelle technique qui maintient l’organe sous perfusion sanguine à l’aide de canules et d’une pompe. D’autres problèmes subsistent, comme le fait que le cœur de porc dans la poitrine du babouin grossit très vite et prend trop de place. Des essais médicamenteux sont en cours pour ralentir cette croissance. L’heure n’est donc pas encore à la créature de Frankenstein, mais il semble bien que les xénogreffes ne soient plus uniquement de la Science-fiction.

The Dark Side of the Moon
N’en déplaise aux britanniques de Pink Floyd, la face cachée de la lune n’est plus aussi mystérieuse. Le 3 janvier dernier, la CNSA, l’agence spatiale chinoise, a annoncé que la sonde Chang’e 4 s’est posée avec succès près du cratère Von Karman, jusqu’alors inexploré. Lancé près d’un mois auparavant, le 7 décembre 2018, la mission chinoise est la première à fouler cette région de la Lune. L’agence chinoise n’en est pas à son premier coup d’essai, elle a déjà envoyé Chang’e 3 sur la Lune, dont Chang’4 était d’ailleurs initialement la copie « de secours », construite en cas de problème sur la mission principale. Hormis l’exploit technique de l’agence chinoise, notamment au niveau des transmissions avec la Terre, pourquoi donc aller voir de l’autre côté de la Lune? L’homme n’a que finalement très peu exploré son satellite et son étude est importante pour comprendre sa formation. Les scientifiques pensent que la Lune s’est formée lors de la collision entre la jeune Terre est une planète en formation -Théia- il y a près de 4,5 milliards d’années. L’étude de la face cachée, moins exposée aux rayons cosmiques, pourrait apporter des réponses sur la formation non seulement de la Lune mais aussi de la Terre.

La collapsologie, ça vous dit quelque chose ?
L’anthropocène bouleverse tous nos imaginaires. Les mêmes valeurs qui faisaient hier avancer notre civilisation la mettent aujourd’hui en péril. L’humanisme et le progrès pourraient ne pas y survivre. L’horizon de l’effondrement, qui semble gagner du terrain dans la société, pousse des intellectuel·les et des expérimentateur·trices à réinventer la place et le rôle de l’Homme sur Terre et à écrire un nouveau mythe fondateur. Depuis que l’homme n’est plus chasseur-cueilleur, il produit plus que le nécessaire à sa survie, mais si le mythe du progrès a pris du plomb dans l’aile, c’est aussi parce que la place singulière de l’homme au sein du règne animal n’a jamais été aussi contestée. Le discours antispéciste défendant les droits des animaux, ces « autres qu’humains », est notamment de plus en plus médiatisé.  Cette « nouvelle phase » appelée à « dépasser l’humanisme », affirme le philosophe Dominique Bourg, serait aussi le fruit d’une nouvelle et longue révolution scientifique commencée avec Charles Darwin au XIXe siècle et poursuivie avec l’éthologie dans la seconde moitié du XXe siècle. Cela sera-t-il suffisant pour faire basculer l’humanité dans une nouvelle ère ?

La centenaire Jeanne Calment est-elle vraiment morte à 122 ans ?
C’est la polémique qui enfle sur la toile depuis la fin du mois de décembre 2018 ! Pourquoi ? Parce que des chercheurs russes affirment que Jeanne Calment ne serait pas morte à 122 ans : sa fille aurait pris son identité dans le cadre d’une fraude à l’héritage. Y a-t-il vraiment de la science derrière tout ça ? Rien n’est moins sûr ! « Ils se prétendent chercheurs, mais ils n’ont rien publié d’autre. Cette pseudo-étude qu’ils ont sortie en ligne a fait réagir. Cet emballement est le signe de la puissance des réseaux sociaux parce qu’il n’y a pas d’étude digne de ce nom. Relativement peu de chercheurs travaillent sur les limites de la longévité humaine. En règle générale, on ne parvient pas à répondre de manière précise et c’est décevant. » estime dans La Recherche Jean-Marie Robine, directeur de recherche l’Inserm, qui a participé, à l’époque, à la validation de l’âge de celle qui fut la doyenne de l’humanité. Confiant, Jean-Marie Robine l’est d’autant plus que « Si c’est sa fille, on aurait eu affaire à une dame de 94 ans qui ne serait pas Jeanne Calment. D’entretien en entretien, on revenait sur les mêmes histoires – on l’a vraiment « torturée » de ce point de vue-là. Et jamais cette dame ne se serait trompée ? Si c’est vrai, ce ne serait pas la dame qui a vécu le plus longtemps, mais ce serait la femme qui avait le cerveau le plus gros au monde. »