[Café des sciences] Huîtres et satellite pour le développement de l’aquaculture off-shore

Le Café des sciences est l’occasion pour des chercheur·euses et des passionné·es de se retrouver autour d’une table, un verre et de partager leurs idées.

Le thème de ce mois : le développement de l’aquaculture.

Les zones côtières sont déjà très exploitées, et la place manque pour développer de nouvelles activités. Des solutions parfois futuristes sont expérimentées un peu partout. L’Europe semble opter pour un éloignement des côtes soit des sites off-shore, en utilisant la détection satellitaire. Cet outil permet de cartographier les meilleures zones pour la croissance des organismes (poissons, mollusques, macro-algues). Les zones au large des Pays de la Loire ont été identifiées par les chercheurs du laboratoire Mer Molécules Santé de l’Université de Nantes comme propices à la croissance des huîtres. Notre région possède un réel potentiel biologique pour développer l’aquaculture off-shore. Nous pouvons nous interroger sur les enjeux économiques, environnementaux et administratifs.

À la suite de la présentation de notre invité, vous pourrez échanger avec ce dernier sur cette thématique.

Résumé :

L’aquaculture a mauvaise presse, pourtant il faut différencier celle des poissons de celle des mollusques. La seconde ne rencontre pas les problèmes alimentaires de la première. Le off-shore, secteur en perpétuel innovationdésigne toute installation en haute mer. En Europe, la Norvège est l’exemple type du développement de l‘off-shore. On se tourne vers le large puisque les zones côtières sont déjà très exploitées ou réservées pour les ports (zone d’attente ou chemin de navigation), la marine ou la pêche… Si on donne de l’importance à l’aquaculture est qu’elle peut participer à la résolution du problème de la sécurité alimentaire. Nous le savons, la population mondiale augmente et va arriver à 10 milliards d’ici quelques années. Répondre à ces besoin devient de plus en plus urgent et l’aquaculture dont 1 000 tonnes de poissons équivaut à 2200 vaches peut faire partie de la réponse.

Toutefois cette solution n’est pas simple puisque au-delà de la volonté, des aspects biologiques doivent être respecter pour que les installations fonctionnent (rôle de la turbidité).

C’est dans ce cadre que des projets sont lancés comme TAPAS (Tools for Assessment and Planning of Aquaculture Sustainability), projet européen auquel Laurent Barillé et son Laboratoire Mer Molécules Santé participent. L’objectif est de définir les zones les plus propices à l’aquaculture en utilisant les données satellitaires confirmées dans un second temps par celles du terrain. Projet de collaboration entre des universités européennes, il se présente comme un outil d’information et de communication pour les producteurs locaux. Des initiatives simples pour la production en aquaculture  peuvent être facilement mis en place si les acteurs ont les informations nécessaires. La région Pays de Loire possède un fort potentiel pour l’aquaculture off-shore. Toutefois des résistances existent sur différentes échelles. Il peut s’agir des communes du littoral ou encore des pêcheurs·euse en opposition avec les ostréiculteurs·trices voir les acteurs du secteur touristique…

Au-delà de l’enjeu économique, l’environnement est aussi présent. La Chine produit environ 60% de l’aquaculture mondiale suivie de l’Asie du Sud-Est, l’Europe n’arrive qu’en troisième place. Pourtant, il n’est pas rare que nos huîtres soient exportées en Chine où elles sont considérées comme un produit de luxe. La raison est simple : nous pouvons manger les notre crues ce qui est impossible pour les locales du fait de la pollution.

Informations pratiques : 

  • 20h30 au Café du Commerce, Nantes.

Invité·es

– Laurent Barillé, professeur à l’université de Nantes et membre du laboratoire Mer Molécules Santé.