Doux parcours à travers l’orgasme clitoridien

Un peu de douceur dans le monde de brutes de la recherche : voyage à travers les zones érogènes jusqu’à l’ultime finesse d’un orgasme clitoridien.

Une chronique de Paul Pascal

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Mais y’en a marre de la science ! Mettons un peu de douceur dans ce monde rigide, descriptif, factuel ! Car enfin, de quoi parlons nous ? D’un organe ? De terminaisons nerveuses ? De cellules ?

De tout cela, oui ; mais parlons donc aussi un peu… d’humanité… Revenons à l’essence de cette relation entre deux personnes, à la recherche d’un plaisir partagé, au plus profond de leur intimité, et partons avec eux en voyage.

La route est longue ; elle commence par le bout d’un doigt, doté d’un merveilleux dispositif, les récepteurs sensoriels. Ils sont des milliers. Chacun d’entre eux émet un signal nerveux en réponse aux déformations mécaniques et aux changements de température qu’il reçoit. Et chacun d’entre eux renvoie ces informations, tout au long de nos nerfs sensoriels, jusqu’au cerveau.

Fermez les yeux ; fermez les yeux, vraiment ! Sans tricher.

Imaginez ce doigt ; il s’approche tout doucement du lobe de l’oreille de sa compagne. Ressentez avec lui cette douce perception de peau de pêche. Avez-vous vu le léger sursaut de désir qu’il vient d’engendrer chez sa partenaire ?

Surveillez maintenant ce pouce qui se referme, pour serrer tout doucement la fine peau qui tressaille. La main se rouvre, l’index part maintenant explorer de nouvelles contrées toujours plus réceptives. Il descend vers la nuque, s’attarde sur le cou, glisse tendrement vers un sein, s’arrête, hésite, insiste enfin en dessinant méticuleusement le mamelon…

Elle se cambre.

Le doigt repart lentement, souligne la poitrine, dépasse l’aisselle et poursuit en zigzaguant vers la colonne… Comme sur une route, il dessine délicatement la colonne, les douze vertèbres thoraciques, puis les cinq vertèbres lombaires, jusqu’à la naissance du sillon qui la termine…

C’est maintenant la main entière qui effleure une fesse, puis l’autre ; avec la paume, avec le dos, elle insiste, elle presse, elle visite, elle parcourt, elle courtise…

Les deux corps s’approchent, mêlant leurs soupirs. Ils s’allongent, l’un contre l’autre.

L’index, enhardi de ses précédentes découvertes, repart de plus belle. Il se pose en haut de la cuisse, trace un nouveau chemin de traverse pour s’attarder sur l’arrière du genou. Il descend, descend encore jusqu’à la plante des pieds, passant de l’un à l’autre en doux et lents massages, s’attardant même, parfois, sur un orteil réceptif.

Le majeur se joint à l’index, et c’est à deux qu’ils remontent, glissant délicatement sur la jambe, effleurant posément l’intérieur d’une cuisse qui s’écarte et dévoile un sexe accueillant…

Posément, les deux doigts glissent sur les grandes lèvres, jusqu’au pubis. Ils redescendent, remontent, redescendent encore, appuyant la caresse. Enfin ils se resserrent pour, ensemble, aller et venir sur les petites lèvres, de haut en bas, de bas en haut, encore et encore. Les respirations s’accélèrent, les bouches s’effleurent.

D’un geste tendre, l’index remontre entre les petites lèvres, écarte le capuchon et dévoile le gland. La caresse du clitoris s’affirme, elle se fait tour à tour légère ou appuyée, rapide ou flâneuse, langoureuse ou furtive. D’externe, elle pourra devenir interne. Plus de 8000 terminaisons nerveuses entrent en action, quand l’index, lui, n’en compte que la moitié…

La suite appartient à nos deux personnages. Une émotion intense. Cette émotion, elle sera cri, soupir, gémissement, hurlement ou exclamation. Pas forcément intelligible. Parfois même pas audible. Mais terriblement physiologique. Le rythme cardiaque s’accélère, les vaisseaux sanguins se dilatent, le clitoris se rétracte, le vagin, le périnée et l’utérus se contractent par saccade, les mamelons pointent. C’est l’orgasme.

Orga, en grec : bouillonner d’ardeur. Le plaisir le plus intense pour un être humain. Un raz-de-marée. Et la libération soudaine d’endorphines, avec son cortège de sensations, de détente et de bien-être.

Respirez.

Parce que la science, c’est aussi de l’humain, c’était mon éloge de la caresse… Vous pouvez rouvrir les yeux !