Les effets de l’amour sur le corps : l’injaculation pour un coït plus long

Une chronique de Paul Pascal

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Qu’est-ce que j’entends ? On me demande de causer de la relation sexuelle chez l’homme ? Une chronique de 3mn pour éjaculer ? Hmmm… J’ai beau être un adulte précoce, ça va pas être facile !

Techniquement, c’est pas trop compliqué à détailler : l’éjaculat est constitué de sperme et de liquide séminal. Pendant la phase d’accumulation, épididyme, canal déférent, prostate, vésicules séminales, glandes périurétrales, tous ces éléments génitaux internes se contractent 4 ou 5 fois, et provoquent l’accumulation du sperme vers la base de l’urètre, ce qui provoque une légère tension dans la région.

Cette étape est ressentie par notre sujet comme le « point d’inévitabilité éjaculatoire ». Traduction : planquez-vous tous, ça va sortir ! Et ça sort : le muscle pubococcygien du périnée, dit « muscle PC », se contracte par saccades ; entre 2 et 6 mL de sperme sont expulsés. Ah oui, c’est trop bon mon ami-e, encore un peu, voilà, oui, comme ça, ça y est je jouis mon ami-e. Parce que le plus souvent, dans le même temps, c’est l’orgasme. C’est juste après que ça se gâte : tous les muscles se détendent, le pénis perd son érection, et le sujet s’endort.

Voilà, je vous ai fait la totale en moins d’une minute. Elle est pas belle la vie ?

Bon bon bon. Je sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment que vous restez sur votre faim… Je vous ai déçu ? Mais m’avez-vous seulement écouté ? Etes-vous bien sûrs de n’avoir rien loupé ?

Je reprends. Le plus souvent, en même temps que l’éjaculation, c’est l’orgasme. Si je dis le plus souvent, ça veut dire que c’est pas toujours le cas. Parce que éjaculation et orgasme ne vont pas forcément de paire. Voilà qui nous ouvre quelques jolies perspectives pour les 2mn restantes, n’est-ce pas ?

Reconsidérons un instant la chose et détruisons les idées reçues : et si orgasme et éjaculation n’étaient pas forcément simultanés ? S’il pouvait y avoir l’un sans l’autre, ou l’autre sans l’un ? Je vais vous révéler un secret : c’est le cas.

Au passage, je vous signale qu’ils sont nombreux, les hommes qui ont expérimenté la chose. Pas forcément par le bon côté, d’ailleurs : l’expérience la plus courante, c’est l’éjaculation sans orgasme. Frustrant, je vous l’affirme. Au passage, ça sous-entend aussi que, parfois, les hommes peuvent simuler un orgasme. Ah, ça rigole tout de suite moins dans le studio…

Heureusement, plusieurs techniques tendent à obtenir l’inverse, c’est à dire parvenir à un orgasme sans éjaculation. Certains l’appellent l’injaculation, d’autres l’étreinte réservée, ou encore l’orgasme sec. Mais quelque soit son nom, les perspectives sont assez réjouissantes. Parce que si, juste après l’orgasme, on évite l’éjaculation, du coup, il n’y a pas de phase réfractaire, pas d’érection qui disparaît, pas d’endormissement violent. Et on peut recommencer presqu’immédiatement l’ascension vers le plaisir !

J’entends déjà les plus impatients trépigner : « mais c’est comment qu’on fait pour injaculer comme des bêtes ? Vas-y, donne-nous la recette ! ».

Oubliez le comment qu’on fait, posez votre Bescherelle un instant et écoutez-moi. Pour y arriver, il va s’agir d’apprendre à sentir ce point de non-retour monter doucement. Il faudra le laisser venir, mais d’être aussi capable d’intervenir juste avant qu’il ne soit trop tard et que l’éjaculation se déclenche. Plusieurs techniques, utilisées seules ou concomitamment, permettent cela. On les retrouve dans certains écrits, tantriques – pour les Hindouistes – et taoïstes – pour les Chinois -… Autant vous dire que je n’ai rien inventé.

Alors, comment fait-on ? Pour simplifier, il y a la respiration par le diaphragme : respirez doucement, et par le ventre. Il y a ensuite la diminution, voir l’arrêt pendant quelques instants, de la stimulation. Ne bougez plus. Et surtout, il y a la contraction ou la compression de votre muscle pubococcygien, le fameux muscle PC : il se situe entre la base de la verge, après les testicules, et avant l’anus.

Là, vous avez deux solutions : soit vous apprenez à contrôler votre périnée et à le contracter violemment. Ca se travaille un peu tous les jours, comme à la salle de gym, mais vous pouvez le faire n’importe où et n’importe quand. L’action, vous la connaissez : c’est le muscle qui fait se redresser votre verge. Essayez : chez vous, dans le bus, en cours ou au boulot, faites-moi travailler ce périnée ! Les femmes ayant eu une rééducation périnéenne après un accouchement sauront aussi vous expliquer comment on fait, et qu’on peut le faire partout !

La seconde solution, c’est de comprimer directement, manuellement, le muscle PC. L’idée c’est de bloquer sa contraction par saccades. Pas de saccade, pas d’éjaculation. Pas d’éjaculation, pas de fin d’érection, pas de fin de coït. On repasse à une phase de plateau dans la montée du plaisir, et on continue M’sieurs-Dames ! Rendez-vous au prochain point de non-retour.

Bon, forcément, ça ne marche pas à tous les coups, surtout au début. Mais avec un peu d’expérience, à vous l’ascension vers le plaisir, l’augmentation de la durée du rapport, la multiplication des plaisirs, les vôtres comme ceux de votre partenaire… le pied absolu, pointure 48.

J’injacule, tu injacules, il injacule… Injaculons tous de concert.

On dit merci qui ?