Un été pour élargir le champ des possibles

Une chronique de Paul Pascal 

Cet été, vous pouvez bronzer idiots sur une plage. Ou partir avec l’équipe à la découverte des ours, des drones, des dinosaures ou des minéraux des alpes. Ou construire une fusée à eau. C’est bizarre, avec le Labo des savoirs, on aime tout de suite moins la bronzette…

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Bon, SILENCE ! Faut que je vous dise un truc. En fait, cette année, on va pas partir tous ensemble. Je vous ai réservé à chacun une surprise. Ca s’appelle la Colo ! Ecoutez :

J’tousse un peu à cause qu’on avale
La fumée d’l’usine d’à côté
Mais c’est en face qu’on va jouer
Dans la décharge municipale.

Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.

Bon… Je sens bien un peu d’inquiétude chez certains d’entre-vous. Mais la colo, c’est pas ce que vous croyez. Oubliez les récits de vidage de tentes, de lits en portefeuille ou des BIIIIPS au cirage…

On n’en est plus aux premières colonies de vacances, créées à la fin du XIXe siècle améliorer la santé physique des enfants pauvres (on disait pas défavorisés à l’époque…), en les faisant profiter du bon air pur, d’une hygiène parfaite et d’une alimentation saine.  Rassurez-vous, c’est plus seulement ça, les colos. Quoique…

C’est pas moi qui le dis, c’est le Dr Stéphane CLERGET,  pédopsychiatre dans le service de psychiatrie enfantine à l’hôpital de Cergy-Pontoise : Ces buts restent d’actualité puisque les enfants d’aujourd’hui souffrent d’un manque d’activités sportives, d’une alimentation trop riche en sucre et en gras, et de manque de sommeil.

Mais c’est pas seulement ça : la colo, poursuit le médecin, favorise surtout le développement de l’autonomie. L’enfant apprend à gérer ses propres affaires, à assurer son propre entretien, grâce aux adultes et aux autres enfants. La colo est donc un lieu majeur de l’apprentissage à vivre ensemble, de l’intégration sociale. En plus maintenant, c’est hyper encadré et sécurisé, pour peu qu’on parte avec un organisme sérieux.

Et puis, surtout, y’en a des supers, des colos. Beaucoup plus qu’avant ! Ecoutez un peu ce catalogue de propositions de séjours, et pensez à tout ce que vous allez pouvoir y faire :

Sur la piste des ours, Piloter un drone, Sport et sciences au fil des rivières, A la conquête des étoiles, A la découverte des cristaux des alpes, Dinosaure, étais-tu là, Robot, dis-moi tout…

Alors, ça fait rêver non ? Allez, dites-moi, qui aurait envie de faire quoi ? La liste n’est pas exhaustive, hein, vous pouvez imaginer votre séjour de rêve ! Qui commence ? Allez-y, y’a pas de limite, on est dans le rêve !

Ah, j’ai un autre truc pour vous, si vous n’êtes pas convaincus par les colos. Ca s’appelle Les petits débrouillards, ça existe partout en France, et même dans plein de pays d’Europe. A Nantes, ils proposent des mini-stages, pendant 5 après-midis successifs. Par exemple, du 16 au 20 juillet, des minots de 6 ans et plus vont découvrir la mise en pression de l’air et de l’eau, expérimenter l’aérodynamisme. Et vous savez quoi ? A la fin, ils vont fabriquer et tester une fusée à eau ! Ca vous épate pas un peu, ça ? Je pourrais passer des heures à égrener des programmes d’activités pour tous les âges et toutes les envie.

Si je voulais parler de ça aujourd’hui, c’est surtout pour dire que les vacances, c’est pas seulement fait pour se faire cuire sur la plage. Pour rappeler, aussi, qu’il n’y a pas d’âge (et encore moins de sexe!) pour découvrir la science. La découvrir en rigolant, avec plein de copines et de copains, ça peut changer le regard d’un gamin sur le champ de ses possibles. Ca peut changer le cours de sa vie, lui faire découvrir une passion qui orientera tout son avenir.

Ca marche avec la science, ça marche avec le dessin ou la musique, ça marche avec l’histoire ou la géographie, peu importe : il s’agit juste d’élargir un peu son horizon, et ne pas compter que sur l’école pour le faire… Parce que même si la plupart des instits font très bien leur boulot, il y aura toujours un programme à tenir, dans un délai strict à respecter. Du coup, à l’école, on n’a pas trop le temps de construire une fusée à eau, de pister des ours, de piloter un drone ou de conquérir les étoiles.

Alors les enfants, que vous ayez 6 ou 66 ans, vous partez avec moi à la découverte du monde ?