Hind swaraj, l’émancipation à l’indienne

« La civilisation moderne, européenne autant qu’anglaise, n’a de civilisation que le nom. C’est une civilisation qui décivilise, une réforme qui déforme. »

En 1909, Gandhi est âgé de 40 ans et exerce le métier d’avocat en Afrique du Sud. A bord d’un navire qui le ramène d’Angleterre, avant le début de son engagement politique en Inde, il rédige un ouvrage qui restera tout au long de sa vie une matrice de sa pensée : le Hind Swaraj.

Rédigé en goujarati, sa langue maternelle, le Hind Swaraj présente une critique radicale de la civilisation de l’oppresseur britannique. C’est la première critique de la modernité qui émane du monde non occidental. Elle fonde sa philosophie de la vérité, de l’humilité et de la non-violence.

Traduit en anglais par « Indian Home Rule », le Hind Swaraj est aussitôt considéré à travers son potentiel subversif. Le livre est censuré. Les oppositions au Hind Swaraj viennent aussi des proches de Gandhi. Pour ses alliés politiques, ce petit livre qui envisage de se libérer de l’Angleterre en se débarrassant de sa modernité technologique est un programme dangereux. L’Inde nouvelle aspire, elle aussi, à devenir une grande puissance.

Depuis 2014, le Hind Swaraj est traduit en français au édition Fayard, dans la collection Poids et Mesure du Monde. L’anthropologue Suresh Sharma a participé à ce travail de traduction et revient dans cette interview sur l’importance de ce petit livre dans la construction intellectuelle de Gandhi.

Hind Swaraj, l’émancipation à l’indienne, Fayard, Poids et Mesure du Monde, Paris, 2014

Crédits

Un reportage de Guillaume Mézières, avec les voix de Gérard Bély, Barbara Chicotot et Adrien Meignan.

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