Histoire : femmes, cachez ce poil que je ne saurais voir

Dans nos sociétés blanches patriarcales, les choses sont claires : les hommes sont poilus et les femmes ne doivent pas l’être.

Ces dernières sont en effet soumises à une injonction sociale sexiste qui veut que la femme reste féminine et désirable, en transformant son corps en en objet de désir. Ce message est extrêmement bien assimilé – y compris par les femmes elles-même – car lié à des représentations occidentales anciennes de la féminité. Les pratiques épilatoires sont étroitement liées aux représentations genrées que l’on se fait de la féminité et de la virilité. Et pour cause, pendant des siècle, les barbes et autres moustaches ont symbolisé la force, la sagesse, la connaissance et surtout le pouvoir. Autant de qualités exclusivement attribuées à la gente masculine.

La pornographie, industrie principalement dominée par les hommes, relaye aujourd’hui plus que jamais, cette image de la femme imberbe en exposant des vagins totalement épilés.

Cette préférence révèle la conception largement partagée par les hommes qu’un corps de femme glabre serait plus désirable, plus « normal » qu’un corps poilu. Peu importe l’utilité du poil, dont la vocation naturelle, protectrice, est totalement mise de côté.

Aujourd’hui encore, les femmes doivent être douces et les hommes peuvent choisir d’être barbu ou rasé.

L’épilation est-elle une forme de domination exercée par les hommes sur les femmes ? L’histoire, et notamment celle de l’art, nous dit que oui… Comment, en faisant disparaître les poils de leurs représentations, les artistes ont-ils contribué à rendre les femmes invisibles ?

Chronique d’un sexisme annoncé, par Agathe Petit