La foule et la menace

Dans certaines situations, une masse de personnes deviennent une entité : la foule. En cas de menace comme une épidémie, la foule peut avoir des comportements particuliers. Bernard Dantier, docteur en sciences sociales l’explique.
Une foule se forme lorsqu’une masse d’individus deviennent un tout

En 1895, Gustave Le Bon lance un nouveau concept : la psychologie des foules.
A l’époque, la sociologie n’existe pas et les pouvoirs publics espèrent connaître les foules pour savoir ce qu’elles vont faire.

Pourtant, le principe de psychologie des foules est paradoxal. La psychologie s’applique individuellement, elle est basée sur une introspection d’une personne distincte.  Il parait peu probable qu’on puisse généraliser la psychologie a un groupe de personnes.

Justement, une foule constitue plus qu’une somme d’individus. C’est plutôt une synthèse qui forme un organisme, une entité.
La responsabilité devient partout et nulle part à la fois

Le fait d’être un, même ensemble, donne une force collective à la foule, parfois même, un sentiment de surpuissance. Le problème, c’est qu’à partir du moment ou on est plus « soi » mais « nous », la responsabilité est partout et finalement nulle part. Dès lors, de nombreux comportements déviants peuvent apparaître.

C’est ce qui se passe par exemple lors d’une crise de grande ampleur comme nous explique Bernard Dantier, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences sociales de Paris, auteur de la préface de l’ouvrage de Gustave Le Bon.

Crédits

Une interview réalisée par Cyprien Messin.
Crédits photo : Thibault Prévost.