Le Sida au cinéma français

En France, il y aurait matière à se pencher sur le retard des cinéastes à évoquer la question dans leurs fictions, alors qu’aux Etats-Unis, les premiers personnages séropos apparaissent dès 1984, bien souvent au sein de fictions dans lesquelles le sida est le ressort principal du scénario.

Le sida entre dans le champ du cinéma français en 1987 avec Encore de Paul Viecchali, une fable qui raconte, sur près de dix années, le surgissement du virus dans la vie d’un séducteur et des amants. Dans les premières fictions des années de la décennie 87-96, la mort est évidemment la seule issue : Les nuits fauves de Cyrill Collard, Jeanne et le garçon formidable, comédie musicalo-sentimentale de Olivier Ducastel et Jacques Martinau, ou encore le très beau N’oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois.

Après l’arrivée des trithérapies, les traitements permettent logiquement aux personnages contaminés de vivre et aux fictions de déplacer la séropositivité de leurs héros à la marge des scénarios. C’est le cas du voyageur dans Drôle de Felix, toujours de Ducastel et Martineau, de Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chéreau.

La mémoire des disparus est évoquée en France par un seul film, magistral, sorti en 2006. Les témoins, d’André Téchiné, raconte la survenue du virus au sein d’un groupe d’amis,  en 1983 à Paris, en croisant des regards intimes et institutionnels. De nombreux documentaires et courts métrages ont empoigné ou évoqué moins frontalement la question du VIH.

La France semble moins à l’aise question séries télé. Pour ça, il faut aller voir du côté des USA, encore, à Stockholm avec l’excellente mini série, Ne jamais sécher pas les larmes sans gants !, sorti en 2013.

Crédits

Une chronique de Thomas Préveraud.