Tromelin, l’île des esclaves oubliés

Le 31 juillet 1761 le navire L’Utile s’échoue sur l’île de Sable (aujourd’hui île Tromelin), un îlot désert de 1 km² au large de Madagascar. Il transporte 160 esclaves malgaches achetés en fraude, destinés à être vendus à l’île de France (l’Île Maurice actuelle).

Après deux mois de survie sur l’île, l’équipage regagne Madagascar sur une embarcation de fortune, laissant 80 esclaves sur l’île, avec la promesse de venir bientôt les rechercher. Ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que La Dauphine, un navire commandé par le Chevalier de Tromelin approche l’île. Les esclaves survivants, sept femmes et un enfant de huit mois, sont sauvés.

Ce drame extraordinaire était documenté dans les textes et écrits des contemporains du naufrage mais aucune source ne pouvait faire comprendre comment les naufragés ont survécu des années durant pendant cet exil forcé sur l’île de Sable. Jusqu’à récemment.

Entre 2006 et 2013, quatre missions archéologiques ont été menées conjointement par le Gran et l’Inrap. Rencontré pour ce reportage, Thomas Romon, archéologue à l’Inrap, était responsable des fouilles terrestres sur l’île des esclaves oubliés.

L’exposition

Du 17 octobre 2015 au 30 avril 2016, le musée du Château des Ducs de Bretagne à Nantes accueille une exposition sur l’histoire des naufragés de Tromelin. L’exposition rend compte des résultats des fouilles archéologiques menées sur l’île et replace la drame des naufragés dans son contexte : l’histoire de la traite et de l’esclavage dans l’Océan indien.

Plus d’informations sur www.chateaunantes.fr/fr/evenement/tromelin

Crédits

Un reportage de Guillaume Mézières.

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